Marseille 15e · Ancienne usine Saint-Louis Sucre · 336 rue de Lyon
DATACENTER SAINT-LOUIS : VÉRIFIONS LE DOSSIER ENSEMBLE
Un centre de données avec 12 groupes électrogènes (98 MW de combustion) et 14 tonnes de fluide frigorigène PFAS, au milieu des habitations, des écoles et du ruisseau des Aygalades. Le dossier est en consultation publique. Ce site rassemble les points saillants, les avis officiels et tous les documents pour que chacun·e puisse lire, vérifier et déposer une observation.
Clôture de la consultation le 24 novembre 2026 à minuit.
159 GWh/and'électricité prévus pour le datacenter (20 MW IT)
+27 dB(A)de dépassement sonore modélisé en limite est, la nuit, en mode secours
2 avisdéfavorables de la Métropole sur le permis (tramway, eaux pluviales)
43 crècheset 51 écoles dans un rayon de 3 km (avis ARS)
De quoi parle-t-on ?
La société ESL Properties, filiale de l'américain Edged Energy, demande une autorisation environnementale (DDAE) pour construire un centre de données sur une partie de l'ancienne sucrerie Saint-Louis, dans le 15e arrondissement de Marseille.
Le projet : un bâtiment de 30 à 33 mètres de haut (R+3) avec neuf salles informatiques, 12 groupes électrogènes de secours au fioul ou au HVO (8,164 MW thermiques chacun), 5 cuves enterrées de 100 m³ de carburant, 16 groupes froids en toiture, une sous-station électrique de 29,5 MW, 12 cheminées de 43 mètres. Exploitation 24 h/24, 30 salarié·es. C'est une installation classée (ICPE) soumise à autorisation et à la directive IED au titre de la rubrique 3110 (combustion ≥ 50 MW).
Le site est entouré d'habitations (les plus proches entre 10 et 150 m), de la résidence de la Visitation et de ses écoles (240 m), du parc François-Billoux et du ruisseau des Aygalades, à moins de 10 m à l'est. C'est une friche industrielle polluée (métaux, hydrocarbures, sulfates dans les remblais), pas un espace naturel : le débat porte sur ce que l'on y met, pas sur la préservation d'un espace vert.
Les studios de cinéma : une autre composante, un autre maître d'ouvrage. Le permis de construire valant division (PCVD), déposé le 8 août 2025 par la Foncière Saint-Louis (FSL), couvre aussi les « Studios de la Méditerranée » (studios, école des métiers du cinéma, musée, restaurant). Les deux opérations partagent une même étude d'impact et la présente consultation « tient lieu de participation du public au titre de l'autorisation d'urbanisme ». Ce site traite du datacenter. Ne pas confondre les deux dans les prises de parole : les points soulevés ici visent l'installation classée, pas les studios.
Une procédure nouvelle : la consultation « parallélisée »
Il ne s'agit pas d'une enquête publique classique mais d'une consultation du public de trois mois prévue par l'article L.181-10-1 du code de l'environnement (loi « industrie verte » de 2023, décret du 6 juillet 2024). Le public est consulté en même temps que l'autorité environnementale : le site a été ouvert le 17 août, la consultation le 24 août, et l'avis de la MRAe n'a été rendu que le 1er septembre. Le porteur de projet doit publier sa réponse écrite à cet avis pendant la consultation. Le commissaire enquêteur, M. Jacques Daligaux, remet son rapport dans les trois semaines suivant la clôture. La décision revient au préfet des Bouches-du-Rhône (après avis éventuel du CODERST) pour l'autorisation environnementale, et au maire de Marseille pour le permis de construire.
Le projet n'a fait l'objet d'aucune concertation préalable (avis de consultation, préfecture). Le calendrier affiché dans le dossier prévoyait un arrêté préfectoral en « septembre 2026 » et un début des travaux en « octobre 2026 », avant même la fin de la consultation (note de présentation non technique, p. 5).
Agenda de la consultation
Du lundi 24 août au mardi 24 novembre 2026 inclus. Toutes les permanences et réunions ont lieu à la mairie des 15e et 16e arrondissements, parc François-Billoux, 246 rue de Lyon, 13015 Marseille.
Permanence
Lundi 24 août 2026
9 h – 12 h · commissaire enquêteur
Réunion publique d'ouverture
Jeudi 3 septembre 2026
18 h – 20 h · avec le porteur de projet
Permanence
Lundi 12 octobre 2026
14 h – 16 h 30 · commissaire enquêteur
Permanence
Mardi 3 novembre 2026
14 h – 16 h 30 · commissaire enquêteur
Réunion publique de clôture
Mardi 17 novembre 2026
18 h – 20 h · avec le porteur de projet
Dernière permanence · clôture
Mardi 24 novembre 2026
14 h – 16 h 30 · registre clos à minuit
Source : avis de consultation du public (préfecture des Bouches-du-Rhône, DCLE / BITRPM) et page du registre numérique.
Ce que disent les avis officiels
Cinq avis d'organismes publics figurent déjà au dossier. Ils sont la base la plus solide pour une observation : ils émanent de services de l'État ou de la Métropole, avec des références précises.
Autorité environnementale · 1er septembre 2026
Avis MRAe PACA
Étude d'impact « mal structurée et incomplète » ; 569 pages d'annexes sans sommaire.
Le projet doit être apprécié globalement : datacenter, studios et partie sud (logistique, commerces) non décrite, fibre non incluse.
Zonage erroné (UEb2 et non UEa2) ; conformité en hauteur à revoir.
Aucune analyse comparative de sites d'implantation.
Fluide R-1234ze : PFAS, dégradation en HFC-23 et acide trifluoroacétique ; risque sanitaire à évaluer avec les autres datacenters marseillais.
Bruit : seuils dépassés dans plusieurs modes de fonctionnement ; trafic induit non étudié.
Galerie de la mer, canalisations de gaz : risques non traités.
Inventaires naturalistes incomplets ; évaluation Natura 2000 non établie.
L'avis de la MRAe porte sur la qualité de l'étude d'impact : il n'est ni favorable ni défavorable et ne se prononce pas sur l'opportunité du projet. Avis n° 020291/GUNENV, 18 pages. Lire
Agence régionale de santé · 4 août 2026
Avis ARS PACA
« L'état des milieux est jugé incompatible avec les usages actuels des zones situées à proximité du site » (poussières PM10 au-dessus de la valeur limite).
Les rejets aqueux ne sont pas traités dans l'étude d'impact, « choix non justifié ».
La pollution due au trafic n'est pas prise en compte, alors que l'étude d'impact la désigne comme source principale.
« Aucune mesure » proposée pour éviter ou réduire les rejets atmosphériques.
43 crèches, 29 établissements de santé, 51 écoles dans un rayon de 3 km ; une école et un musée prévus dans les studios voisins.
Demande que l'arrêté fixe des valeurs limites d'émission conformes aux hypothèses de l'étude.
Métropole Aix-Marseille-Provence · 31 mars et 15 avril 2026
Défavorable Voirie et tramway
Direction des transports guidés : « Le PC n'est pas compatible avec le projet de tramway et le plan de circulation associé » (extension nord de la ligne T3, phase 2).
Le projet doit prévoir dans son emprise une voirie publique traversante à double sens entre le boulevard Lavoisier et la rue de Lyon.
Gestionnaire de la voirie : avis défavorable à titre conservatoire, demande de sursis à statuer de deux ans (art. L.424-1 du code de l'urbanisme) ; terrain dans le périmètre de sursis à statuer du tramway (délib. du 16/10/2023).
Avis sur le PC 013 055 25 00547P0 (pièces « consultation avis 2186349 » et « 2187656 », dossier PCVD). Relevé par la MRAe p. 11.
Métropole · Pôle protection du cycle de l'eau · 2 février 2026
Défavorable Eaux pluviales
« Les pièces de la demande contiennent des informations contradictoires » : ouvrages d'infiltration ou bassins de rétention, volumes de 580, 670 ou 277 m³, surfaces imperméabilisées différentes.
Une étude de sol conclut que l'infiltration est possible, une autre qu'elle est impossible.
Zone B3 du PPR retrait-gonflement des argiles : étude géotechnique exigée ; rejets d'exhaure interdits au réseau ; rabattement de nappe soumis à déclaration ou autorisation loi sur l'eau.
Avis DTER PPCE/STER1-S3133000/2026-01-9555, 2 pages, dossier PCVD. La MRAe ajoute que la période de retour de 30 ans du PLUi n'est pas respectée (p. 17).
Ville de Marseille · Service risques · 30 janvier 2026
Favorable avec réserves Risques
Servitudes autour des canalisations de matières dangereuses GRTgaz « Marseille CI Saint-Louis Sucre » (arrêté préfectoral 2022-60).
Terrain « concerné par une zone inconstructible pour cause d'effondrements » (art. 6.4 des dispositions générales du PLUi).
PPR argiles zone B3, voie publique inondable en bordure.
Avis SPPGR/SRR (document scanné, dossier PCVD). GRDF confirme une canalisation hors service en limite de la parcelle E 53.
Points saillants à vérifier ensemble
Chaque point cite la pièce et la page du dossier. Les points sont classés par solidité : d'abord ce qui repose sur un avis officiel ou sur la procédure, ensuite ce qui repose sur notre lecture du dossier et demande vérification collective. Cochez les points que vous souhaitez reprendre : un texte d'observation se compose en bas de page, à reformuler avec vos mots.
Chaque point peut être commenté : confirmez avec une source, contestez, précisez ou posez une question. Les commentaires sont publiés après validation par le collectif, qui met à jour le statut de vérification de chaque point (badge « à vérifier », « vérification en cours », « vérifié », « à nuancer », « infirmé »).
1
Un permis jugé incompatible avec le tramway : deux avis défavorables de la Métropole
Avis officielDéfavorable
La direction des transports guidés écrit le 31 mars 2026 que « le PC n'est pas compatible avec le projet de tramway et le plan de circulation associé » : la phase 2 de l'extension nord de la ligne T3 va interdire la circulation générale sur la partie sud de la rue de Lyon et exige une nouvelle voie publique à double sens entre le boulevard Lavoisier et la rue de Lyon, à l'intérieur de l'emprise du projet. Le gestionnaire de voirie émet un avis défavorable le 15 avril 2026 et demande un sursis à statuer de deux ans. L'étude de trafic du dossier (octobre 2025) ignore cette refonte et ne donne aucune donnée à la mise en service ni vingt ans après.
À vérifier
Le plan de masse (PC-2b) réserve-t-il une voirie traversante ? Le dossier de permis a-t-il été modifié depuis ces avis ?
Le sursis à statuer a-t-il été prononcé par la Ville ? Sinon, pourquoi ?
Effets cumulés des chantiers (tramway, traverse Mardirossian, datacenter, studios) sur le quartier.
Sources : PCVD › Avis de consultation PC › « consultation avis 2187656 » (courrier du 31/03/2026 + annexe) et « consultation avis 2186349 » (avis DAEPM du 15/04/2026) ; avis MRAe p. 11-12 ; étude de trafic ITER en annexe de l'étude d'impact (PJ04, p. 211 et suiv.).
Voir le texte type
Le permis de construire fait l'objet de deux avis défavorables de la Métropole Aix-Marseille-Provence (direction des transports guidés, 31 mars 2026 ; gestionnaire de la voirie, 15 avril 2026) au motif que le projet « n'est pas compatible avec le projet de tramway et le plan de circulation associé » et qu'une voirie publique traversante entre le boulevard Lavoisier et la rue de Lyon doit être aménagée dans l'emprise même du projet. La Métropole demande un sursis à statuer de deux ans. L'étude de trafic jointe à l'étude d'impact (octobre 2025) ne tient aucun compte de cette refonte du plan de circulation, ni du trafic à la mise en service et vingt ans après, comme le relève la MRAe (p. 11-12). Je demande que le dossier soit complété par une étude de trafic tenant compte de l'extension du tramway T3 et que le projet ne soit pas autorisé tant que sa compatibilité avec le plan de circulation n'est pas démontrée.
2
Santé : un état des milieux déjà « incompatible » et des rejets non étudiés, selon l'ARS
Avis officiel
L'ARS conclut que « l'état des milieux est jugé incompatible avec les usages actuels des zones situées à proximité du site » : les poussières PM10 mesurées près de la rue de Lyon dépassent la valeur limite annuelle. Elle relève que les rejets aqueux ne sont pas abordés (« choix non justifié »), que la pollution du trafic n'est pas prise en compte alors que l'étude d'impact elle-même la désigne comme source principale, et qu'« aucune mesure » n'est proposée pour réduire les rejets atmosphériques. Aucune valeur toxicologique de référence n'existant pour une exposition chronique aux polluants retenus, le risque chronique n'a pas pu être quantifié. Dans un rayon de 3 km : 43 crèches, 29 établissements de santé dont 6 pour personnes âgées, 14 écoles primaires, 37 écoles maternelles et élémentaires. Au récepteur « école du projet des studios », la concentration maximale horaire de NO₂ modélisée atteint 327 µg/m³ (quotient de danger 0,70).
À vérifier
Les valeurs limites d'émission demandées par l'ARS seront-elles inscrites dans l'arrêté ?
Que deviennent les eaux d'extinction (556 m³), les eaux de l'aire de dépotage, les eaux pluviales des toitures avec groupes froids ?
Quel scénario a servi à l'ARS : 130 h/an de tests, alors que le dossier en annonce 108 ou 120 selon les pièces (voir point 7) ?
Sources : avis ARS du 04/08/2026 (DDAE › Avis de consultation), p. 2-3 (rejets aqueux, trafic, populations sensibles), p. 5-6 (état des milieux), p. 7-9 (résultats et conclusion) ; étude d'impact p. 138 et 155 (sources de pollution des eaux).
Voir le texte type
L'avis de l'Agence régionale de santé du 4 août 2026 conclut que « l'état des milieux est jugé incompatible avec les usages actuels des zones situées à proximité du site », les concentrations de poussières PM10 mesurées dépassant la valeur limite pour la protection de la santé. L'ARS relève que les rejets aqueux ne sont pas traités dans l'étude d'impact sans justification, que les émissions liées au trafic ne sont pas prises en compte alors que l'étude d'impact les identifie comme la principale source, et qu'aucune mesure n'est proposée pour éviter ou réduire les rejets atmosphériques. Le risque sanitaire chronique n'a pas pu être quantifié faute de valeurs toxicologiques de référence. Compte tenu de la présence de 43 crèches, 29 établissements de santé et 51 écoles dans un rayon de 3 km, et d'une école prévue dans les studios voisins, je demande que l'étude d'impact soit complétée sur ces trois points avant toute décision et que l'arrêté, s'il est pris, fixe des valeurs limites d'émission et un dispositif de surveillance de la qualité de l'air au voisinage.
3
Eaux pluviales : des pièces contradictoires, un avis défavorable
Avis officielDéfavorable
Le pôle protection du cycle de l'eau de la Métropole constate que les pièces du permis se contredisent : infiltration ou rétention, volumes de 580, 670 ou 277 m³, surfaces imperméabilisées différentes ; « le projet présente une étude de sol permettant d'infiltrer les eaux de pluie à la parcelle et une autre étude démontrant l'impossibilité d'infiltrer ». L'étude d'impact retient 277 m³ (p. 98). La MRAe ajoute que le dimensionnement ne respecte pas la période de retour de trente ans du PLUi, que les bassins d'infiltration sont prévus à 5-10 m des bâtiments en zone d'argiles gonflantes (10 m recommandés) et que l'étude géotechnique citée n'est pas jointe.
À vérifier
Quel dimensionnement final ? Avec quelle pluie de référence ?
Le devenir des deux piézomètres existants (MRAe p. 18) et les mesures pour la nappe.
Sources : PCVD › Avis de consultation PC › « Avis DTER » (02/02/2026) ; étude d'impact p. 98-105 (gestion des eaux pluviales) et annexe « Note de gestion des eaux pluviales » (p. 176 et suiv.) ; avis MRAe p. 17-18.
Voir le texte type
Le pôle protection du cycle de l'eau de la Métropole a émis le 2 février 2026 un avis défavorable sur la gestion des eaux pluviales, les pièces du dossier étant contradictoires (volumes de 580, 670 ou 277 m³ ; deux études de sol aux conclusions opposées sur la possibilité d'infiltrer). La MRAe relève en outre que la période de retour de trente ans prescrite par le PLUi n'est pas respectée et que l'étude géotechnique exigée en zone B3 du plan de prévention des risques argiles n'est pas jointe. Le site jouxte le ruisseau des Aygalades. Je demande que le dossier présente un dispositif unique et cohérent de gestion des eaux pluviales, dimensionné conformément au PLUi, accompagné de l'étude géotechnique et des mesures de protection de la nappe.
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14,4 tonnes de R-1234ze : un PFAS présenté comme un fluide « à faible impact »
Avis officielDossier
Les 16 groupes froids en toiture contiennent 14 400 kg de R-1234ze et 140,55 kg de R32 (étude d'impact p. 143). Le dossier ne retient qu'un potentiel de réchauffement « PRG = 7 » et classe l'installation en simple déclaration (rubrique 1185-2a). La MRAe rappelle qu'en atmosphère ouverte le R-1234ze génère du HFC-23 (PRG 14 800), soit un PRG secondaire « de l'ordre de 1 400 ± 700 », et qu'il s'agit d'un PFAS dont la décomposition produit de l'acide trifluoroacétique (TFA), persistant, difficile à éliminer de l'eau potable. Elle demande une évaluation des risques sanitaires des fuites, incluant les effets cumulés avec les autres centres de données de l'agglomération marseillaise. Le bilan GES compte déjà 44 349 tCO₂e de fuites sur 50 ans.
À vérifier
Taux de fuite annuel retenu pour ce calcul ; dispositif de détection et de confinement ; fréquence des contrôles d'étanchéité.
Quels autres datacenters de l'agglomération utilisent des fluides PFAS (cf. avis Ae n° 2025-058 sur le projet MRS6 à Bouc-Bel-Air) ?
Existe-t-il des alternatives sans PFAS (CO₂, ammoniac, free cooling) ?
Sources : étude d'impact PJ04 p. 143 ; description des installations PJ46 (rubriques) ; note de présentation non technique p. 11 (« PRG = 7 ») ; bilan GES PJ53-56 p. 4 ; avis MRAe p. 13-14.
Voir le texte type
Le projet prévoit 14 400 kg de fluide frigorigène R-1234ze (étude d'impact, p. 143), présenté comme un fluide à faible potentiel de réchauffement (PRG 7). Or la MRAe rappelle (p. 13-14) que ce fluide est une substance per- et polyfluoroalkylée (PFAS) dont la dégradation atmosphérique produit du HFC-23, gaz à effet de serre au PRG de 14 800, et de l'acide trifluoroacétique, polluant persistant difficile à éliminer de l'eau potable. Le dossier ne présente aucune évaluation du risque sanitaire lié aux fuites de ce fluide, ni de leurs effets cumulés avec les autres centres de données de l'agglomération marseillaise. Je demande que cette évaluation soit produite avant toute décision, que le taux de fuite et les dispositifs de détection soient précisés, et que des solutions de refroidissement sans PFAS soient étudiées.
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Bruit : des dépassements déjà modélisés, jusqu'à +27 dB(A) la nuit
Avis officiel
L'état initial nocturne en zone à émergence réglementée est déjà de 44,5 à 51,5 dB(A). L'étude acoustique (mai 2026) montre que le niveau admissible n'est pas respecté : +7,5 dB(A) en zone d'émergence réglementée est en mode « bâtiment noir » (8 groupes électrogènes + 8 refroidisseurs), et en mode secours (tous les équipements) +17 dB(A) le jour et +27 dB(A) la nuit en limite est, +12 dB(A) en zone d'émergence est, +4 dB(A) au nord. Même en mode standard, le cumul datacenter + studios dépasse de 0,5 dB(A) la nuit au nord. La MRAe demande des mesures de réduction à la source garantissant la conformité « dans tous les cas de figure ». Le bruit du centre logistique prévu au sud et celui du trafic induit ne sont pas modélisés.
À vérifier
Quelles mesures concrètes le porteur s'engage-t-il à prendre (silencieux, écrans, capotage) et avec quel niveau garanti ?
Les essais mensuels des 12 groupes ont-ils lieu de jour ? À quelle heure ?
Sources : avis MRAe p. 12-13 ; étude d'impact p. 118 et suiv. (résultats par mode, tableaux 26 et suiv., figures 59 et suiv.) et étude acoustique en annexe.
Voir le texte type
L'étude acoustique jointe au dossier montre que le niveau de bruit admissible ne sera pas respecté dans plusieurs modes de fonctionnement du datacenter : dépassement de 7,5 dB(A) en zone à émergence réglementée en mode « bâtiment noir », et jusqu'à 27 dB(A) la nuit en limite de propriété en mode secours (avis MRAe, p. 12). Le bruit du futur centre logistique de la partie sud du site et celui du trafic induit ne sont pas modélisés. Dans un secteur d'habitat dense où le bruit nocturne atteint déjà 51,5 dB(A), je demande que le porteur de projet s'engage sur des mesures de réduction à la source garantissant la conformité dans tous les cas de figure, que les essais des groupes électrogènes soient interdits la nuit et le week-end, et qu'un suivi acoustique en continu soit prescrit.
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98 MW de combustion au cœur de la ville, sans meilleures techniques disponibles ni traitement des NOx
ProcédureDossier
12 groupes électrogènes de 8,164 MW = 98 MW de puissance thermique (description des installations p. 27), ce qui place le site sous la rubrique 3110 et la directive IED. Mais le dossier explique que les conclusions sur les meilleures techniques disponibles (BREF LCP) « ne concernent pas » les unités de moins de 15 MW : « Les MTD ne s'appliquent donc pas » (p. 51). Le dossier énergie confirme : « SCR : NON » (aucun traitement catalytique des oxydes d'azote). Les fiches constructeur donnent 3 430 mg/Nm³ de NOx à 5 % d'O₂ et 31,9 kg/h par groupe (annexe de l'étude d'impact, p. 543), évacués par 12 cheminées de 43 m. Le dossier énergie indique par ailleurs 8 500 kW thermiques par groupe, soit 102 MW.
À vérifier
Quelles valeurs limites d'émission de l'arrêté du 3 août 2018 s'appliquent à des groupes « de secours » ? Le préfet peut-il imposer un traitement des NOx par prescription spéciale ?
Puissance unitaire : 8 164 ou 8 500 kW ? Le seuil de 100 MW (arrêté du 3 août 2018) est-il franchi avec 8 500 kW ?
Comment sont gérées les pannes longues : 10 groupes pendant 48 h = 480 h de fonctionnement en une seule fois.
Sources : description des installations PJ46 p. 27, 48-51 ; dossier énergie PJ104 p. 4-5 ; étude d'impact PJ04 annexe p. 543 ; note de présentation non technique p. 5.
Voir le texte type
Le projet comporte 12 groupes électrogènes totalisant 98 MW de puissance thermique (description des installations, p. 27), voire 102 MW selon le dossier énergie (8 500 kW par groupe, p. 5). Il relève de la directive IED, mais le dossier indique que les meilleures techniques disponibles « ne s'appliquent donc pas » puisque chaque unité reste sous 15 MW (p. 51), et qu'aucun traitement catalytique des oxydes d'azote n'est prévu (« SCR : NON », dossier énergie p. 5), pour des émissions de 3 430 mg/Nm³ de NOx par groupe (annexe de l'étude d'impact, p. 543). Une installation de combustion de cette taille, en plein tissu résidentiel et à 240 m d'écoles, ne peut pas être autorisée sans traitement des émissions. Je demande que l'arrêté impose un traitement des NOx, des valeurs limites d'émission strictes et un encadrement des heures d'essais, et que l'incohérence sur la puissance unitaire des groupes soit levée.
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Heures de fonctionnement et carburant : des chiffres qui changent d'une pièce à l'autre
Dossier · à vérifier
Les tests mensuels représentent « 12 GE × 45 min × 10 mois = 108 h » dans l'étude d'impact (p. 144), « × 12 mois = 108 h » dans le dossier énergie (p. 5), et « 10 unités… soit un total de 90 h par an… = 108 h » dans la note non technique (p. 5). L'ARS retient 130 h. La consommation est de 779 L/h (étude d'impact p. 151) ou 806 L/h (dossier énergie) ; le carburant annuel est de 98 040 L dans le bilan GES (p. 278 de l'étude d'impact) mais de « 1 009 m³/an » dans l'étude d'impact (p. 151), soit dix fois plus. La MRAe relève que le fonctionnement des groupes en cas de coupure n'est pas compté dans le bilan GES. Enfin le dossier parle de « HVO ou fioul » sans engagement, alors que le fioul émet « 3,5 fois plus » (bilan GES p. 4).
À vérifier
Quel nombre d'heures et quel débit ont servi à la modélisation de la dispersion atmosphérique (ADMS) ?
Le HVO sera-t-il imposé par l'arrêté ? Quelle traçabilité ?
Sources : étude d'impact PJ04 p. 144, 151, 278 ; dossier énergie PJ104 p. 5 ; note de présentation non technique p. 5 ; bilan GES PJ53-56 p. 4 ; avis ARS p. 3 ; avis MRAe p. 14.
Voir le texte type
Le dossier présente des données incohérentes sur le fonctionnement des groupes électrogènes : les heures d'essais annuelles sont calculées sur 10 mois dans l'étude d'impact (p. 144) et sur 12 mois dans le dossier énergie (p. 5), avec 10 ou 12 unités selon la note non technique (p. 5) ; la consommation annuelle de carburant est de 98 040 litres dans le bilan des gaz à effet de serre (étude d'impact, p. 278) mais de 1 009 m³ dans l'étude d'impact elle-même (p. 151). Le fonctionnement des groupes en cas de coupure n'est pas comptabilisé (avis MRAe, p. 14) et le choix entre fioul et HVO reste ouvert. Ces incohérences affectent directement l'évaluation des émissions atmosphériques et sanitaires. Je demande que le dossier soit corrigé et que l'arrêté fixe le nombre maximal d'heures de fonctionnement, l'obligation d'utiliser du HVO et une comptabilité des heures réelles accessible au public.
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Zonage du PLUi : UEa2 dans tout le dossier, UEb2 selon la MRAe
Avis officielÀ vérifier
Le dossier affirme partout que le site est en zone UEa2 (étude d'impact p. 82, 181, 566, 699, 715, 736 ; note non technique p. 2 ; pièce PC-4b « conformité PLUi »). La MRAe « relève que le site du projet est situé en zone UEb2 » et demande de compléter l'analyse de conformité, « en particulier concernant la hauteur de façade et la hauteur totale autorisées ». Le bâtiment fait 30 m selon la note non technique mais 33 m selon le dossier énergie et la MRAe. Les formulaires de la Ville joints au permis mentionnent eux aussi « UEa2 » : il faut trancher sur le règlement graphique du PLUi.
À vérifier
Consulter le plan de zonage du PLUi Marseille-Provence (geoportail-urbanisme.gouv.fr) sur les parcelles 899 E 53, 56, 58 et 905 H 115.
Hauteurs maximales autorisées en UEb2 ; hauteur réelle avec les équipements en toiture et les cheminées de 43 m.
La zone inconstructible pour risque d'effondrement (art. 6.4 des dispositions générales) recoupe-t-elle l'emprise bâtie ?
Sources : avis MRAe p. 9 ; étude d'impact PJ04 p. 82 et 181 ; analyse de conformité PJ10 ; PCVD › Data Center › PC-4b ; avis SPPGR (PCVD).
Voir le texte type
L'ensemble du dossier analyse la conformité du projet au règlement de la zone UEa2 du PLUi (étude d'impact p. 82 et 181, note non technique p. 2, pièce PC-4b). Or la MRAe relève (p. 9) que le site est situé en zone UEb2 et demande que l'analyse de conformité soit reprise, notamment pour la hauteur de façade et la hauteur totale, le dossier indiquant tantôt 30 m, tantôt 33 m. Le terrain est en outre concerné par une zone inconstructible pour risque d'effondrement (art. 6.4 des dispositions générales du PLUi, avis du service risques de la Ville). Je demande que la conformité du projet au règlement de la zone applicable soit démontrée pièce par pièce avant toute décision.
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Galerie de la mer, canalisations de gaz : des risques absents de l'étude d'impact
Avis officiel
La Galerie de la mer (ouvrage souterrain de 1888 évacuant les eaux de la mine de Gardanne, servitude d'inconstructibilité) est identifiée dans l'OAP « Marseille Saint-Louis » et dans les pièces graphiques du PLUi (zone inconstructible pour effondrement). Elle n'apparaît pas une seule fois dans les 738 pages de l'étude d'impact, seulement sur les plans et dans le rapport de base. La MRAe demande de justifier que bâtiments, bassins d'infiltration et voiries n'aggravent pas le risque d'effondrement. Le site est aussi traversé ou bordé par des canalisations de gaz GRTgaz sous servitude (arrêté 2022-60) : « le risque associé au transport de matières dangereuses peut être considéré comme fort », mais les effets d'une rupture sur le datacenter (500 m³ de carburant, batteries) ne sont pas analysés.
À vérifier
Tracé exact de la galerie et des canalisations par rapport au bâtiment, aux cuves et aux bassins.
L'étude de dangers (201 p.) traite-t-elle des effets dominos venant de l'extérieur ?
Sources : avis MRAe p. 15 ; avis SPPGR (PCVD) ; plans PJ12-2 et PJ12-3 ; rapport de base PJ61 p. 49 ; étude de dangers PJ07.
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L'étude d'impact n'évoque ni la servitude liée à la Galerie de la mer, ni la zone inconstructible pour risque d'effondrement cartographiée au PLUi, alors que l'OAP « Marseille Saint-Louis » les identifie (avis MRAe, p. 15). Elle ne justifie pas que les bâtiments, bassins d'infiltration et voiries n'aggravent pas ce risque. Elle n'analyse pas non plus les effets que subirait l'installation, avec ses 500 m³ de carburant, en cas de rupture des canalisations de gaz et d'hydrocarbures voisines, dont le dossier lui-même qualifie le risque de « fort ». Je demande que ces deux risques soient étudiés et que le projet soit adapté en conséquence.
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Volet naturel : huit semaines de terrain en 2025, un seul passage hivernal en 2022
Avis officielDossier
Le tableau 4 « Synthèse des prospections de terrain » du volet naturel (annexe 9, EODD) montre que la campagne 2025 se limite à cinq dates entre le 6 mai et le 30 juin. Les données de 2021 (bureau Ecotonia, mai à novembre) ont quatre à cinq ans. L'hiver n'a été prospecté qu'une seule fois, le 19 janvier 2022. Février, mars, avril, juillet, août et décembre n'ont jamais été prospectés. Les chauves-souris ont été enregistrées trois nuits (23-25 juin 2025) et une semaine en octobre 2021 ; les gîtes potentiels n'ont pas été vérifiés (indices, hiver). Le dossier reconnaît lui-même qu'« un échange avec les services de l'État permettra de statuer sur la recevabilité de ce diagnostic écologique ». La MRAe demande des inventaires complets sur la partie sud et sur la ripisylve des Aygalades, une requalification des impacts résiduels jugés « négligeables » malgré des impacts bruts « forts », et constate que le dossier d'évaluation des incidences Natura 2000 « n'a pas été établi ».
À vérifier
Espèces protégées avérées (Serin cini, Chardonneret, Faucon crécerelle, pipistrelles, Lézard des murailles, Grenouille rieuse) : une dérogation « espèces protégées » (DDEP) est-elle nécessaire ? Le dossier n'en contient pas.
Doctrine régionale sur l'ancienneté des données (ordre de 3 ans) : les données 2021-2022 sont-elles encore recevables ?
Sources : étude d'impact PJ04, annexe 9 (VNEI EODD, 19/09/2025) p. 568-569 (tableau 4), p. 575 (chiroptères), p. 51, 81 et 603 (« recevabilité ») ; avis MRAe p. 16-17.
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Le volet naturel de l'étude d'impact (annexe 9, tableau 4) repose sur cinq passages de terrain en 2025, tous entre le 6 mai et le 30 juin, complétés par des données de 2021 et par un unique passage hivernal le 19 janvier 2022. Six mois de l'année n'ont jamais été prospectés (février à avril, juillet, août, décembre) ; les chiroptères n'ont été enregistrés que trois nuits en juin 2025 et les gîtes potentiels n'ont pas été vérifiés. Le dossier admet que la recevabilité de ce diagnostic reste à établir (p. 51, 81, 603). La MRAe demande des inventaires complets sur la partie sud du site et la ripisylve des Aygalades et constate que l'évaluation des incidences Natura 2000 n'a pas été établie (p. 16-17). Je demande que le diagnostic écologique soit complété sur un cycle biologique entier avant toute décision, que la nécessité d'une dérogation « espèces protégées » soit examinée et que l'évaluation Natura 2000 soit produite.
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Aucune analyse d'alternatives de site
Avis officiel
« Le dossier ne présente pas d'analyse comparative de sites potentiels d'implantation d'un data-center à l'échelle intercommunale et communale et n'argumente pas le choix du site » sous l'angle environnemental (MRAe p. 10). Aucune variante ne tient compte de la restauration de la continuité écologique du ruisseau des Aygalades, pourtant affichée par le PADD du PLUi. La note non technique justifie l'implantation « en France » par le coût de l'électricité et les câbles sous-marins, pas l'implantation dans ce quartier.
À vérifier
Pourquoi ce site plutôt que les zones industrielles ou portuaires sans habitat à proximité ?
Quel lien avec le cluster de datacenters marseillais et les câbles sous-marins ?
Sources : avis MRAe p. 10 ; note de présentation non technique p. 4 ; étude d'impact p. 47 (extrait du PADD).
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Comme le relève la MRAe (p. 10), le dossier ne présente aucune analyse comparative de sites d'implantation à l'échelle communale ou intercommunale et ne justifie pas le choix d'une parcelle enclavée dans un quartier d'habitat dense, bordée par le ruisseau des Aygalades dont le PADD du PLUi prévoit la restauration écologique. L'article R.122-5 du code de l'environnement impose pourtant de présenter les solutions de substitution raisonnables examinées. Je demande que le dossier soit complété par cette analyse et par une variante préservant la continuité écologique du ruisseau.
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Gaz à effet de serre : 907 000 tonnes, un « scénario sans projet » à zéro et des mesures non arrêtées
DossierAvis officiel
Le bilan estime 907 363 tCO₂e sur 50 ans (18 147 t/an) : 48 % pour l'électricité, 42 % pour le renouvellement du matériel informatique tous les 6 ans, 4,9 % pour les fuites de fluide. Le datacenter consommera environ 159,4 GWh d'électricité par an pour 20 MW informatiques (p. 278) ; les panneaux photovoltaïques produiraient 68 351 MWh en 50 ans, soit moins de 1 % de ce besoin. Le « scénario sans projet » est fixé à zéro émission. La MRAe note que ni la partie sud du site ni le fonctionnement des groupes électrogènes en cas de coupure ne sont comptés, et que les mesures d'évitement et de réduction listées ne précisent pas « celles retenues par les porteurs de projet et qui seront réellement mises en place ».
À vérifier
Facteur d'émission de l'électricité retenu ; origine de l'électricité (contrat, garanties).
La puissance électrique de 29,5 MW correspond-elle aux 20 MW IT et au PUE de 1,15 annoncé ?
Sources : bilan GES PJ53-56 p. 3-7 ; étude d'impact PJ04 p. 154 (photovoltaïque) et p. 278 (BEGES) ; dossier énergie PJ104 p. 7 (PUE) ; avis MRAe p. 14-15.
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Le bilan des émissions de gaz à effet de serre évalue l'impact du projet à 907 363 tCO₂e sur 50 ans, soit 18 147 tonnes par an, pour une consommation électrique d'environ 159 GWh par an (étude d'impact, p. 278). Le photovoltaïque prévu ne couvrirait qu'environ 1 % de ce besoin. La MRAe relève (p. 14-15) que le bilan omet l'aménagement de la partie sud du site et le fonctionnement des groupes électrogènes en cas de coupure, et que les mesures de réduction énumérées ne sont pas celles effectivement retenues. Je demande que le bilan soit repris et que les mesures d'évitement et de réduction auxquelles le porteur s'engage soient inscrites dans l'arrêté avec des indicateurs de suivi publics.
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Chaleur fatale : une promesse sans réseau ni preneur
Dossier · à vérifier
La « valorisation de la chaleur fatale auprès d'usagers en dehors du périmètre du projet » est comptée comme mesure d'évitement dans le bilan GES. Or aucun réseau de chaleur n'existe : la note non technique indique que « la Ville soutient une éventuelle inclusion pour le projet de Réseaux de chaleur urbains Nord actuellement en préparation ». Les besoins des studios voisins sont modestes (chauffage 1 285 MWh/an, eau chaude 192 MWh/an, p. 278), soit environ 1 % de la chaleur rejetée par un datacenter qui consomme 159 GWh/an, avec des besoins « saisonniers uniquement » et « en froid plus importants qu'en chaud » (annexe 6). La MRAe salue la démarche d'étude mais ne la quantifie pas.
À vérifier
Existe-t-il une délibération ou un engagement de la Ville ou de la Métropole sur ce réseau de chaleur ? À quelle échéance ?
Quelle part de la chaleur produite serait réellement récupérée ? Le bâtiment « de récupération de chaleur fatale » sera-t-il construit dès l'origine ?
Sources : note de présentation non technique p. 7 et 11 ; étude d'impact PJ04 p. 125 (§ valorisation), p. 278, annexe 6 (p. 396 et suiv.) ; avis MRAe p. 3 et 7.
Voir le texte type
La récupération de la chaleur fatale est présentée comme une mesure d'évitement des émissions de gaz à effet de serre, alors qu'aucun réseau de chaleur n'existe à proximité et que la note non technique (p. 7) ne fait état que d'un soutien de la Ville à une « éventuelle inclusion » dans un réseau « en préparation ». Les besoins thermiques identifiés chez les studios voisins (environ 1 500 MWh par an, étude d'impact p. 278) représentent de l'ordre de 1 % de l'énergie consommée par le datacenter. Je demande que la part de chaleur effectivement valorisable soit quantifiée, que les engagements des collectivités soient joints au dossier, et que cette mesure ne soit pas comptabilisée tant qu'aucun preneur n'est identifié.
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Sols pollués, nappe et ruisseau des Aygalades : 500 m³ de carburant enterrés à moins de 10 m du cours d'eau
DossierAvis officiel
Le rapport de base (424 p.) rappelle les pollutions historiques : hydrocarbures jusqu'à 1 100 mg/kg au droit de l'ancienne chaufferie charbon, plomb à 210 mg/kg dans les remblais, dépassements des seuils déchets inertes (fraction soluble 23 400 mg/kg, sulfates 14 400 mg/kg), xylènes dans les gaz du sol (325 µg/m³) après réhabilitation. Le suivi des eaux souterraines exigé par l'arrêté préfectoral du 25 mars 2022 « n'a pas été communiqué ». Le projet ajoute 5 cuves enterrées de 100 m³ de fioul ou HVO, 12 réservoirs journaliers et une aire de dépotage à moins de 10 m du ruisseau des Aygalades. L'ARS relève que les rejets aqueux ne sont pas étudiés ; la MRAe demande le devenir des piézomètres ; la Métropole rappelle que tout rabattement de nappe relève de la loi sur l'eau.
À vérifier
Où est passé le suivi post-travaux des eaux souterraines de 2024 ?
Profondeur de la nappe sous les cuves ; conséquences d'une crue du ruisseau (voie inondable signalée par la Ville).
Consommation d'eau : 650 m³ (description des installations p. 39) ou 8 600 m³/an (étude d'impact p. 138) ?
Sources : rapport de base PJ61 p. 20-23 ; description des installations PJ46 p. 28-35 et 39 ; étude d'impact PJ04 p. 138-142 et 155 ; avis ARS p. 3 ; avis MRAe p. 18 ; avis DTER (PCVD).
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Le site est une friche industrielle dont le rapport de base documente les pollutions résiduelles (hydrocarbures, plomb, sulfates, xylènes dans les gaz du sol) et indique que le suivi des eaux souterraines exigé par l'arrêté préfectoral du 25 mars 2022 n'a pas été communiqué (p. 20). Le projet y ajoute cinq cuves enterrées de 100 m³ de carburant et une aire de dépotage à moins de dix mètres du ruisseau des Aygalades, alors que l'ARS relève que les rejets aqueux ne sont pas étudiés et que la MRAe demande de préciser le devenir des piézomètres. Je demande que le suivi de la nappe soit versé au dossier, que l'étude d'impact traite des rejets aqueux et du risque de pollution du ruisseau, et que l'arrêté prescrive une surveillance piézométrique pérenne.
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Un dossier truffé d'incohérences
DossierAvis officiel
La MRAe relève des surfaces de plancher de 22 084, 28 896 ou 21 900 m² pour le datacenter selon les pièces, 38 208 ou 38 305 m² pour les studios, et juge l'étude d'impact « mal structurée et incomplète », ses annexes de 569 pages n'ayant pas de sommaire. On trouve aussi : « Edge Energy » au lieu d'Edged Energy (avis du maire), « Provence Studios » à côté de « Studios de la Méditerranée », une consommation d'eau de 650 m³ ou 8 600 m³/an, une hauteur de 30 ou 33 m, des tests sur 10 ou 12 mois, de l'« oxyde nitreux » là où il s'agit d'oxydes d'azote (note non technique p. 8). La pièce « Avis du maire » ne contient aucun avis : seulement la lettre de demande du pétitionnaire et l'accusé de réception postal (l'avis est « réputé émis » après 45 jours de silence). L'étude d'impact indique par ailleurs que les groupes électrogènes sont à « 10 unités » en test dans une pièce et « 12 » dans une autre.
À vérifier
Recenser collectivement les incohérences (une par ligne, avec pièce et page) : c'est un argument de recevabilité du dossier.
Le porteur a-t-il produit une version corrigée ? Le mémoire en réponse à la MRAe est-il en ligne ?
Sources : avis MRAe p. 5 (notes 1 et 7), p. 9-10 ; avis du maire PJ63 p. 3-5 ; note de présentation non technique p. 3, 5, 8 ; description des installations p. 39 ; étude d'impact p. 138, 144.
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Le dossier soumis au public comporte de nombreuses incohérences internes relevées par la MRAe (surfaces de plancher différentes selon les pièces, étude d'impact « mal structurée et incomplète », annexes sans sommaire, p. 5 et 9-10) et par une simple lecture : consommation d'eau de 650 m³ ou de 8 600 m³ par an, hauteur de 30 ou 33 m, heures d'essais calculées sur 10 ou 12 mois, dénomination changeante des studios, nom même du porteur mal orthographié dans la pièce « avis du maire », laquelle ne contient d'ailleurs aucun avis. Ces défauts nuisent à l'information du public et fragilisent l'évaluation des impacts. Je demande qu'un dossier corrigé et cohérent soit soumis à une nouvelle consultation.
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Une consultation ouverte avant l'avis de l'autorité environnementale, sans concertation préalable
Procédure
La procédure « parallélisée » de la loi industrie verte a permis d'ouvrir le site le 17 août et la consultation le 24 août, en plein été, huit jours avant l'avis de la MRAe (1er septembre). La réunion publique d'ouverture du 3 septembre s'est donc tenue deux jours après la publication de cet avis. Le porteur doit publier sa réponse écrite à la MRAe pendant la consultation : elle n'était pas en ligne au 4 septembre. Le projet « n'a pas fait l'objet d'une procédure de concertation préalable ». Le dossier prévoyait un arrêté préfectoral en « septembre 2026 » et des travaux dès « octobre 2026 », avant même la clôture du 24 novembre, ce qui interroge sur la portée réelle de la consultation.
À vérifier
Date de mise en ligne du mémoire en réponse à la MRAe ; sa prise en compte dans le délai de consultation.
Le registre a-t-il été complété (avis MRAe, ARS) au fil de l'eau ? Une prolongation est-elle possible ?
Sources : avis de consultation du public (préfecture) ; avis MRAe p. 2 et 9 (dates de saisine et d'ouverture, décret 2024-742, loi 2025-794) ; note de présentation non technique p. 5 (calendrier).
Voir le texte type
La consultation du public a été ouverte le 24 août 2026, en période estivale, avant que l'avis de la MRAe ne soit rendu le 1er septembre, et sans qu'aucune concertation préalable n'ait été organisée. Le calendrier affiché dans la note de présentation non technique (p. 5) prévoyait un arrêté préfectoral en septembre 2026 et un début des travaux en octobre 2026, soit avant la clôture de la consultation fixée au 24 novembre. Je demande que la réponse écrite du porteur de projet à l'avis de la MRAe soit publiée sans délai sur le registre, que le public dispose d'un temps suffisant pour en prendre connaissance, au besoin par une prolongation de la consultation, et que le commissaire enquêteur en tire les conséquences dans son rapport.
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Par courrier à l'attention du commissaire enquêteur : mairie des 15e et 16e arrondissements, 246 rue de Lyon, 13015 Marseille, ou Direction générale adjointe « Ville de demain », 40 rue Fauchier, 13233 Marseille Cedex 20.
En personne, lors des permanences (voir l'agenda) et aux réunions publiques.
Ce qui pèse dans un rapport de commissaire enquêteur
Des faits sourcés : citez la pièce et la page (« étude d'impact, p. 143 »), reprenez les avis officiels.
Votre situation concrète : distance au site, enfants scolarisés, exposition au bruit ou à la pollution, usage du parc et du ruisseau.
Des demandes précises : compléter le dossier, prescrire une mesure dans l'arrêté, refuser en l'état, prolonger la consultation.
Une observation par personne, plutôt qu'une pétition : chaque dépôt est compté et analysé.
Le dossier papier est consultable à la mairie des 15e-16e et à la préfecture (sur rendez-vous au 04 84 35 42 64), et sur le site de la préfecture.
Contacts indiqués dans l'avis officiel pour toute information sur le projet : Mme Salma Ammor, ingénieure environnement, APL Data Center (salma.ammor@apl-datacenter.com, 07 67 72 86 55) et M. Guillaume Zaimeche, directeur de projets régionaux, Edged Energy (guillaume.zaimeche@edgedenergy.com, 06 99 60 96 13).
Les documents du dossier
Les 125 pièces mises en ligne sur le registre numérique ont été archivées le 2 septembre 2026 sur le serveur du collectif Citoyen·ne·s de Marseille (les registres disparaissent à la clôture). Chaque lien ci-dessous ouvre directement le PDF. Le registre officiel reste la référence en cas de mise à jour du dossier.
Avis officiels et avis de consultation
Document
Date
Pages
Taille
Dossier de demande d'autorisation environnementale (DDAE)
N°
Pièce
Pages
Taille
L'étude d'impact (PJ04, 738 pages) contient en annexes l'étude acoustique, le volet sanitaire, l'étude de trafic, le bilan GES, la note chaleur fatale (annexe 6) et le volet naturel (annexe 9, à partir de la p. 551). Le rapport de base (PJ61) décrit l'état des sols et de la nappe.
Permis de construire valant division (PCVD)
103 pièces : 47 pour le datacenter (plans, notice architecturale, conformité PLUi, étude d'impact commune), 44 pour les studios, 12 avis de services consultés sur le permis. Ouvrez le dossier correspondant ci-dessus pour la liste complète ; les avis les plus utiles sont repris ici.
Agence régionale de santé. Consultée par la DREAL, elle rend un avis sanitaire sur l'étude d'impact.
BREF / MTD
Documents de référence européens décrivant les meilleures techniques disponibles (MTD) que les sites IED doivent appliquer. Le BREF « grandes installations de combustion » exclut les unités de moins de 15 MW.
CODERST
Conseil départemental de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques, que le préfet peut consulter avant de décider.
DDAE
Dossier de demande d'autorisation environnementale (pièces PJ numérotées).
DDEP
Demande de dérogation à la protection des espèces protégées, obligatoire si le projet détruit des individus ou des habitats d'espèces protégées.
DREAL
Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement : inspection des installations classées, appui de la MRAe.
FOD / HVO
Fioul domestique / huile végétale hydrotraitée (biocarburant de substitution).
ICPE
Installation classée pour la protection de l'environnement, soumise selon sa rubrique à déclaration, enregistrement ou autorisation.
IED
Directive européenne sur les émissions industrielles : impose les MTD et un rapport de base sur l'état des sols.
MRAe
Mission régionale d'autorité environnementale. Son avis porte sur la qualité de l'étude d'impact et la prise en compte de l'environnement ; il n'est ni favorable ni défavorable.
NOx
Oxydes d'azote, polluants des moteurs diesel, irritants respiratoires et précurseurs d'ozone et de particules.
OAP
Orientation d'aménagement et de programmation du PLUi (ici l'OAP « Marseille Saint-Louis »).
PCVD
Permis de construire valant division : un seul permis pour plusieurs lots.
PFAS / TFA
Substances per- et polyfluoroalkylées (« polluants éternels ») ; l'acide trifluoroacétique (TFA) est l'un de leurs produits de dégradation, persistant dans l'eau.
PLUi
Plan local d'urbanisme intercommunal (territoire Marseille-Provence), avec ses zones UEa2 / UEb2 dédiées aux activités.
PPR
Plan de prévention des risques (ici retrait-gonflement des argiles, zone B3).
PUE
Power Usage Effectiveness : rapport entre l'énergie totale consommée et l'énergie utile des serveurs (1,15 annoncé).
SCR
Réduction catalytique sélective : traitement des NOx à l'échappement, ici absent.
VNEI
Volet naturel de l'étude d'impact (inventaires faune-flore).
ZER
Zone à émergence réglementée : habitations où l'augmentation du bruit due à l'installation est limitée (5 dB(A) le jour, 3 dB(A) la nuit).