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Marseille 15e · Ancienne usine Saint-Louis Sucre · 336 rue de Lyon
DATACENTER SAINT-LOUIS : VÉRIFIONS LE DOSSIER ENSEMBLE
Un centre de données avec 12 groupes électrogènes (98 MW de combustion) et 14 tonnes de fluide frigorigène PFAS, au milieu des habitations, des écoles et du ruisseau des Aygalades. Le dossier est en consultation publique. Ce site rassemble les points saillants, les avis officiels et tous les documents pour que chacun·e puisse lire, vérifier et déposer une observation.
Clôture de la consultation le 24 novembre 2026 à minuit.
159 GWh/and'électricité prévus pour le datacenter (20 MW IT)
+27 dB(A)de dépassement sonore modélisé en limite est, la nuit, en mode secours
2 avisdéfavorables de la Métropole sur le permis (tramway, eaux pluviales)
43 crècheset 51 écoles dans un rayon de 3 km (avis ARS)
De quoi parle-t-on ?
La société ESL Properties, filiale de l'américain Edged Energy, demande une autorisation environnementale (DDAE) pour construire un centre de données sur une partie de l'ancienne sucrerie Saint-Louis, dans le 15e arrondissement de Marseille.
Le projet : un bâtiment de 30 à 33 mètres de haut (R+3) avec neuf salles informatiques, 12 groupes électrogènes de secours au fioul ou au HVO (8,164 MW thermiques chacun), 5 cuves enterrées de 100 m³ de carburant, 16 groupes froids en toiture, une sous-station électrique de 29,5 MW, 12 cheminées de 43 mètres. Exploitation 24 h/24, 30 salarié·es. C'est une installation classée (ICPE) soumise à autorisation et à la directive IED au titre de la rubrique 3110 (combustion ≥ 50 MW).
Le site est entouré d'habitations (les plus proches entre 10 et 150 m), de la résidence de la Visitation et de ses écoles (240 m), du parc François-Billoux et du ruisseau des Aygalades, à moins de 10 m à l'est. C'est une friche industrielle polluée (métaux, hydrocarbures, sulfates dans les remblais), pas un espace naturel : le débat porte sur ce que l'on y met, pas sur la préservation d'un espace vert.
Les studios de cinéma : une autre composante, un autre maître d'ouvrage. Le permis de construire valant division (PCVD), déposé le 8 août 2025 par la Foncière Saint-Louis (FSL), couvre aussi les « Studios de la Méditerranée » (studios, école des métiers du cinéma, musée, restaurant). Les deux opérations partagent une même étude d'impact et la présente consultation « tient lieu de participation du public au titre de l'autorisation d'urbanisme ». Ce site traite du datacenter. Ne pas confondre les deux dans les prises de parole : les points soulevés ici visent l'installation classée, pas les studios.
Ce qui était prévu ici avant le datacenter. Saint Louis Sucre a cessé de raffiner en 2015 et vendu le site 1,7 M€ le 29 avril 2022 au fonds Brownfields. Le programme annoncé alors partageait les 10,4 hectares en deux : 4,5 ha de studios pour Provence Studios et 6,5 ha de base logistique pour La Poste — un « hôtel logistique urbain » de 15 000 m² —, pour 50 M€ d'investissement et 800 emplois annoncés. En mai 2023, France 2030 retient « les Studios de la Méditerranée » sur 5 hectares : studios, bassin de tournage en milieu aquatique et 6 000 m² dédiés à la formation. Le lot Nord acquis en 2025 par la Foncière Saint-Louis mesure 48 858 m² : les studios en occupent 31 701 m² en réhabilitation, le datacenter 17 157 m² en construction neuve, et la notice du permis résume le partage — « seul le projet EDGED crée de la surface de plancher ». L'histoire du site, en détail.
Se repérer
Le datacenter occuperait la partie nord-est de l'ancienne sucrerie, le long de l'avenue des Aygalades, entre la rue de Lyon et le ruisseau. Les permanences du commissaire enquêteur se tiennent à la mairie des 15e et 16e, dans le parc François-Billoux, à 600 m au sud.
Parcelles du datacenter (bail à construction ESL Properties, 17 086 m², PJ03)
Reste du lot Nord : studios de la Méditerranée (parcelle 899 E 81)
Repères : mairie, parc, écoles, station
Rayon de 3 km étudié par l'ARS (43 crèches, 51 écoles)
Parcelles d'après le cadastre (Etalab, arrondissement 13215) et la pièce PJ03 ; le découpage précis des lots figure sur les plans PC32 et PC-2b du permis. Ruisseau et repères : OpenStreetMap.
Une procédure nouvelle : la consultation « parallélisée »
Il ne s'agit pas d'une enquête publique classique mais d'une consultation du public de trois mois prévue par l'article L.181-10-1 du code de l'environnement (loi « industrie verte » de 2023, décret du 6 juillet 2024). Le public est consulté en même temps que l'autorité environnementale : le site a été ouvert le 17 août, la consultation le 24 août, et l'avis de la MRAe n'a été rendu que le 1er septembre. Le porteur de projet doit publier sa réponse écrite à cet avis pendant la consultation. Le commissaire enquêteur, M. Jacques Daligaux, remet son rapport dans les trois semaines suivant la clôture. La décision revient au préfet des Bouches-du-Rhône (après avis éventuel du CODERST) pour l'autorisation environnementale, et au maire de Marseille pour le permis de construire.
Le projet n'a fait l'objet d'aucune concertation préalable (avis de consultation, préfecture). Le calendrier affiché dans le dossier prévoyait un arrêté préfectoral en « septembre 2026 » et un début des travaux en « octobre 2026 », avant même la fin de la consultation (note de présentation non technique, p. 5).
Agenda de la consultation
Du lundi 24 août au mardi 24 novembre 2026 inclus. Toutes les permanences et réunions ont lieu à la mairie des 15e et 16e arrondissements, parc François-Billoux, 246 rue de Lyon, 13015 Marseille.
Permanence
Lundi 24 août 2026
9 h – 12 h · commissaire enquêteur
Réunion publique d'ouverture
Jeudi 3 septembre 2026
18 h – 20 h · avec le porteur de projet
Permanence
Lundi 12 octobre 2026
14 h – 16 h 30 · commissaire enquêteur
Permanence
Mardi 3 novembre 2026
14 h – 16 h 30 · commissaire enquêteur
Réunion publique de clôture
Mardi 17 novembre 2026
18 h – 20 h · avec le porteur de projet
Dernière permanence · clôture
Mardi 24 novembre 2026
14 h – 16 h 30 · registre clos à minuit
Source : avis de consultation du public (préfecture des Bouches-du-Rhône, DCLE / BITRPM) et page du registre numérique.
Ce que disent les avis officiels
Six avis d'organismes publics ont été rendus sur ce projet. Ils sont la base la plus solide pour une observation : ils émanent de services de l'État ou de la Métropole, avec des références précises. Cinq figurent au dossier ; le sixième, celui de la DDTM 13, n'y figurait pas à la date de notre copie du registre (2 septembre 2026) : nous le publions ici.
Autorité environnementale · 1er septembre 2026
Avis MRAe PACA
Étude d'impact « mal structurée et incomplète » ; 569 pages d'annexes sans sommaire.
Le projet doit être apprécié globalement : datacenter, studios et partie sud (logistique, commerces) non décrite, fibre non incluse.
Zonage erroné (UEb2 et non UEa2) ; conformité en hauteur à revoir.
Aucune analyse comparative de sites d'implantation.
Fluide R-1234ze : PFAS, dégradation en HFC-23 et acide trifluoroacétique ; risque sanitaire à évaluer avec les autres datacenters marseillais.
Bruit : seuils dépassés dans plusieurs modes de fonctionnement ; trafic induit non étudié.
Galerie de la mer, canalisations de gaz : risques non traités.
Inventaires naturalistes incomplets ; évaluation Natura 2000 non établie.
L'avis de la MRAe porte sur la qualité de l'étude d'impact : il n'est ni favorable ni défavorable et ne se prononce pas sur l'opportunité du projet. Avis n° 020291/GUNENV, 18 pages. Lire
DDTM 13 · Service mer eau environnement · 19 août 2026
Avis Direction départementale des territoires et de la mer
Urbanisme : « le projet est implanté en zone UEb2 (et non en zone UEa2 comme indiqué en page 82 de l'étude d'impact) » ; « Le PLUi prévoit dans cette zone une hauteur de façades limitée à 18 mètres. Or, le projet prévoit un bâtiment d'une hauteur d'environ 35 mètres, ce qui apparaît non conforme aux dispositions du PLUi. »
« L'étude d'impact ne comporte pas d'analyse relative à la compatibilité du projet avec le SCoT et le PLUi » ; l'incidence paysagère « n'est pas analysée ».
OAP MRS-17 : le secteur doit accueillir un pôle de vie d'environ 2 000 m² d'hébergement et restauration et 4 000 m² de commerces et services ; « en l'état, le projet de datacenter ne s'inscrit pas dans cette programmation ».
Électricité : « le poste Enedis de La Calade, qui doit porter 20 des 29,5 MW de raccordement électrique, ne serait pas livré avant le 3e trimestre 2030 » ; « il convient de s'interroger sur le risque de fonctionnement intensif des groupes électrogènes en phase de démarrage ».
Le raccordement « fait partie du projet au sens de l'évaluation environnementale », contrairement à ce qu'indique l'étude d'impact p. 157.
Chaleur : valorisation « hypothétique » ; pré-dimensionnement vers les Studios « sans engagement explicite de ces derniers à y souscrire » ; réseau de chaleur urbain « au stade du projet », raccordable au mieux lors d'une « hypothétique phase 3 » ; rejet « de l'ordre de 35 °C » qui « limite les possibilités de valorisation ».
Bilan énergétique quantitatif global absent, ce qui « ne permet pas d'évaluer l'ampleur des risques d'effets cumulés avec le datacentre de la zone Actisud ».
Biodiversité : 1 118 m² de zones humides dans la ripisylve ; chiroptères possibles dans les bâtiments à démolir ; l'ombrage du bâtiment de 33 m sur le ruisseau et ses ripisylves « n'a pas été étudié ».
Eau et sols : les piézomètres de 2008 doivent être régularisés ou comblés ; une prescription est proposée pour tout rabattement de nappe non prévu ; le suivi des eaux souterraines après travaux « est non communiqué » et le diagnostic des sols « est à compléter ». La rétention proposée sur 95 % des surfaces déjà imperméabilisées est jugée « vertueuse ».
Effondrement : la zone d'effondrement à l'est « n'est pas suffisamment prise en compte » ; le lien avec la galerie de la mer doit être précisé.
« Contribution à l'examen du DDAE » adressée à la DREAL (message GUN du 2 juillet 2026, n° AIOT 100303538), 7 pages, signée pour le préfet par le directeur départemental adjoint. Cet avis ne figurait pas parmi les pièces du registre au 2 septembre 2026, où seuls les avis de l'ARS et de la MRAe étaient publiés. Lire (PDF, 7 p.)
Agence régionale de santé · 4 août 2026
Avis ARS PACA
« L'état des milieux est jugé incompatible avec les usages actuels des zones situées à proximité du site » (poussières PM10 au-dessus de la valeur limite).
Les rejets aqueux ne sont pas traités dans l'étude d'impact, « choix non justifié ».
La pollution due au trafic n'est pas prise en compte, alors que l'étude d'impact la désigne comme source principale.
« Aucune mesure » proposée pour éviter ou réduire les rejets atmosphériques.
43 crèches, 29 établissements de santé, 51 écoles dans un rayon de 3 km ; une école et un musée prévus dans les studios voisins.
Demande que l'arrêté fixe des valeurs limites d'émission conformes aux hypothèses de l'étude.
Métropole Aix-Marseille-Provence · 31 mars et 15 avril 2026
Défavorable Voirie et tramway
Direction des transports guidés : « Le PC n'est pas compatible avec le projet de tramway et le plan de circulation associé » (extension nord de la ligne T3, phase 2).
Le projet doit prévoir dans son emprise une voirie publique traversante à double sens entre le boulevard Lavoisier et la rue de Lyon.
Gestionnaire de la voirie : avis défavorable à titre conservatoire, demande de sursis à statuer de deux ans (art. L.424-1 du code de l'urbanisme) ; terrain dans le périmètre de sursis à statuer du tramway (délib. du 16/10/2023).
Avis sur le PC 013 055 25 00547P0 (pièces « consultation avis 2186349 » et « 2187656 », dossier PCVD). Relevé par la MRAe p. 11.
Métropole · Pôle protection du cycle de l'eau · 2 février 2026
Défavorable Eaux pluviales
« Les pièces de la demande contiennent des informations contradictoires » : ouvrages d'infiltration ou bassins de rétention, volumes de 580, 670 ou 277 m³, surfaces imperméabilisées différentes.
Une étude de sol conclut que l'infiltration est possible, une autre qu'elle est impossible.
Zone B3 du PPR retrait-gonflement des argiles : étude géotechnique exigée ; rejets d'exhaure interdits au réseau ; rabattement de nappe soumis à déclaration ou autorisation loi sur l'eau.
Avis DTER PPCE/STER1-S3133000/2026-01-9555, 2 pages, dossier PCVD. La MRAe ajoute que la période de retour de 30 ans du PLUi n'est pas respectée (p. 17).
Ville de Marseille · Service risques · 30 janvier 2026
Favorable avec réserves Risques
Servitudes autour des canalisations de matières dangereuses GRTgaz « Marseille CI Saint-Louis Sucre » (arrêté préfectoral 2022-60).
Terrain « concerné par une zone inconstructible pour cause d'effondrements » (art. 6.4 des dispositions générales du PLUi).
PPR argiles zone B3, voie publique inondable en bordure.
Avis SPPGR/SRR (document scanné, dossier PCVD). GRDF confirme une canalisation hors service en limite de la parcelle E 53.
Points saillants à vérifier ensemble
Chaque point cite la pièce et la page du dossier. Les points sont classés par solidité : d'abord ce qui repose sur un avis officiel ou sur la procédure, ensuite ce qui repose sur notre lecture du dossier et demande vérification collective. Cochez les points que vous souhaitez reprendre : un texte d'observation se compose en bas de page, à reformuler avec vos mots.
Chaque point peut être commenté : confirmez avec une source, contestez, précisez ou posez une question. Les commentaires sont publiés après validation par le collectif, qui met à jour le statut de vérification de chaque point (badge « à vérifier », « vérification en cours », « vérifié », « à nuancer », « infirmé »).
1
Un permis jugé incompatible avec le tramway : deux avis défavorables de la Métropole
Avis officielDéfavorable
La direction des transports guidés écrit le 31 mars 2026 que « le PC n'est pas compatible avec le projet de tramway et le plan de circulation associé » : la phase 2 de l'extension nord de la ligne T3 va interdire la circulation générale sur la partie sud de la rue de Lyon et exige une nouvelle voie publique à double sens entre le boulevard Lavoisier et la rue de Lyon, à l'intérieur de l'emprise du projet. Le gestionnaire de voirie émet un avis défavorable le 15 avril 2026 et demande un sursis à statuer de deux ans. L'étude de trafic du dossier (octobre 2025) ignore cette refonte et ne donne aucune donnée à la mise en service ni vingt ans après.
À vérifier
Le plan de masse (PC-2b) réserve-t-il une voirie traversante ? Le dossier de permis a-t-il été modifié depuis ces avis ?
Le sursis à statuer a-t-il été prononcé par la Ville ? Sinon, pourquoi ?
Effets cumulés des chantiers (tramway, traverse Mardirossian, datacenter, studios) sur le quartier.
Sources : PCVD › Avis de consultation PC › « consultation avis 2187656 » (courrier du 31/03/2026 + annexe) et « consultation avis 2186349 » (avis DAEPM du 15/04/2026) ; avis MRAe p. 11-12 ; étude de trafic ITER en annexe de l'étude d'impact (PJ04, p. 211 et suiv.).
Voir le texte type
Le permis de construire fait l'objet de deux avis défavorables de la Métropole Aix-Marseille-Provence (direction des transports guidés, 31 mars 2026 ; gestionnaire de la voirie, 15 avril 2026) au motif que le projet « n'est pas compatible avec le projet de tramway et le plan de circulation associé » et qu'une voirie publique traversante entre le boulevard Lavoisier et la rue de Lyon doit être aménagée dans l'emprise même du projet. La Métropole demande un sursis à statuer de deux ans. L'étude de trafic jointe à l'étude d'impact (octobre 2025) ne tient aucun compte de cette refonte du plan de circulation, ni du trafic à la mise en service et vingt ans après, comme le relève la MRAe (p. 11-12). Je demande que le dossier soit complété par une étude de trafic tenant compte de l'extension du tramway T3 et que le projet ne soit pas autorisé tant que sa compatibilité avec le plan de circulation n'est pas démontrée.
2
Santé : un état des milieux déjà « incompatible » et des rejets non étudiés, selon l'ARS
Avis officiel
L'ARS conclut que « l'état des milieux est jugé incompatible avec les usages actuels des zones situées à proximité du site » : les poussières PM10 mesurées près de la rue de Lyon dépassent la valeur limite annuelle. Elle relève que les rejets aqueux ne sont pas abordés (« choix non justifié »), que la pollution du trafic n'est pas prise en compte alors que l'étude d'impact elle-même la désigne comme source principale, et qu'« aucune mesure » n'est proposée pour réduire les rejets atmosphériques. Aucune valeur toxicologique de référence n'existant pour une exposition chronique aux polluants retenus, le risque chronique n'a pas pu être quantifié. Dans un rayon de 3 km : 43 crèches, 29 établissements de santé dont 6 pour personnes âgées, 14 écoles primaires, 37 écoles maternelles et élémentaires. Au récepteur « école du projet des studios », la concentration maximale horaire de NO₂ modélisée atteint 327 µg/m³ (quotient de danger 0,70).
À vérifier
Les valeurs limites d'émission demandées par l'ARS seront-elles inscrites dans l'arrêté ?
Que deviennent les eaux d'extinction (556 m³), les eaux de l'aire de dépotage, les eaux pluviales des toitures avec groupes froids ?
Quel scénario a servi à l'ARS : 130 h/an de tests, alors que le dossier en annonce 108 ou 120 selon les pièces (voir point 7) ?
Sources : avis ARS du 04/08/2026 (DDAE › Avis de consultation), p. 2-3 (rejets aqueux, trafic, populations sensibles), p. 5-6 (état des milieux), p. 7-9 (résultats et conclusion) ; étude d'impact p. 138 et 155 (sources de pollution des eaux).
Voir le texte type
L'avis de l'Agence régionale de santé du 4 août 2026 conclut que « l'état des milieux est jugé incompatible avec les usages actuels des zones situées à proximité du site », les concentrations de poussières PM10 mesurées dépassant la valeur limite pour la protection de la santé. L'ARS relève que les rejets aqueux ne sont pas traités dans l'étude d'impact sans justification, que les émissions liées au trafic ne sont pas prises en compte alors que l'étude d'impact les identifie comme la principale source, et qu'aucune mesure n'est proposée pour éviter ou réduire les rejets atmosphériques. Le risque sanitaire chronique n'a pas pu être quantifié faute de valeurs toxicologiques de référence. Compte tenu de la présence de 43 crèches, 29 établissements de santé et 51 écoles dans un rayon de 3 km, et d'une école prévue dans les studios voisins, je demande que l'étude d'impact soit complétée sur ces trois points avant toute décision et que l'arrêté, s'il est pris, fixe des valeurs limites d'émission et un dispositif de surveillance de la qualité de l'air au voisinage.
3
Eaux pluviales : des pièces contradictoires, un avis défavorable
Avis officielDéfavorable
Le pôle protection du cycle de l'eau de la Métropole constate que les pièces du permis se contredisent : infiltration ou rétention, volumes de 580, 670 ou 277 m³, surfaces imperméabilisées différentes ; « le projet présente une étude de sol permettant d'infiltrer les eaux de pluie à la parcelle et une autre étude démontrant l'impossibilité d'infiltrer ». L'étude d'impact retient 277 m³ (p. 98). La MRAe ajoute que le dimensionnement ne respecte pas la période de retour de trente ans du PLUi, que les bassins d'infiltration sont prévus à 5-10 m des bâtiments en zone d'argiles gonflantes (10 m recommandés) et que l'étude géotechnique citée n'est pas jointe.
À vérifier
Quel dimensionnement final ? Avec quelle pluie de référence ?
Le devenir des deux piézomètres existants (MRAe p. 18) et les mesures pour la nappe.
Sources : PCVD › Avis de consultation PC › « Avis DTER » (02/02/2026) ; étude d'impact p. 98-105 (gestion des eaux pluviales) et annexe « Note de gestion des eaux pluviales » (p. 176 et suiv.) ; avis MRAe p. 17-18.
Voir le texte type
Le pôle protection du cycle de l'eau de la Métropole a émis le 2 février 2026 un avis défavorable sur la gestion des eaux pluviales, les pièces du dossier étant contradictoires (volumes de 580, 670 ou 277 m³ ; deux études de sol aux conclusions opposées sur la possibilité d'infiltrer). La MRAe relève en outre que la période de retour de trente ans prescrite par le PLUi n'est pas respectée et que l'étude géotechnique exigée en zone B3 du plan de prévention des risques argiles n'est pas jointe. Le site jouxte le ruisseau des Aygalades. Je demande que le dossier présente un dispositif unique et cohérent de gestion des eaux pluviales, dimensionné conformément au PLUi, accompagné de l'étude géotechnique et des mesures de protection de la nappe.
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14,4 tonnes de R-1234ze : un PFAS présenté comme un fluide « à faible impact »
Avis officielDossier
Les 16 groupes froids en toiture contiennent 14 400 kg de R-1234ze et 140,55 kg de R32 (étude d'impact p. 143). Le dossier ne retient qu'un potentiel de réchauffement « PRG = 7 » et classe l'installation en simple déclaration (rubrique 1185-2a). La MRAe rappelle qu'en atmosphère ouverte le R-1234ze génère du HFC-23 (PRG 14 800), soit un PRG secondaire « de l'ordre de 1 400 ± 700 », et qu'il s'agit d'un PFAS dont la décomposition produit de l'acide trifluoroacétique (TFA), persistant, difficile à éliminer de l'eau potable. Elle demande une évaluation des risques sanitaires des fuites, incluant les effets cumulés avec les autres centres de données de l'agglomération marseillaise. Le bilan GES compte déjà 44 349 tCO₂e de fuites sur 50 ans.
À vérifier
Taux de fuite annuel retenu pour ce calcul ; dispositif de détection et de confinement ; fréquence des contrôles d'étanchéité.
Quels autres datacenters de l'agglomération utilisent des fluides PFAS (cf. avis Ae n° 2025-058 sur le projet MRS6 à Bouc-Bel-Air) ?
Existe-t-il des alternatives sans PFAS (CO₂, ammoniac, free cooling) ?
Sources : étude d'impact PJ04 p. 143 ; description des installations PJ46 (rubriques) ; note de présentation non technique p. 11 (« PRG = 7 ») ; bilan GES PJ53-56 p. 4 ; avis MRAe p. 13-14.
Voir le texte type
Le projet prévoit 14 400 kg de fluide frigorigène R-1234ze (étude d'impact, p. 143), présenté comme un fluide à faible potentiel de réchauffement (PRG 7). Or la MRAe rappelle (p. 13-14) que ce fluide est une substance per- et polyfluoroalkylée (PFAS) dont la dégradation atmosphérique produit du HFC-23, gaz à effet de serre au PRG de 14 800, et de l'acide trifluoroacétique, polluant persistant difficile à éliminer de l'eau potable. Le dossier ne présente aucune évaluation du risque sanitaire lié aux fuites de ce fluide, ni de leurs effets cumulés avec les autres centres de données de l'agglomération marseillaise. Je demande que cette évaluation soit produite avant toute décision, que le taux de fuite et les dispositifs de détection soient précisés, et que des solutions de refroidissement sans PFAS soient étudiées.
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Bruit : des dépassements déjà modélisés, jusqu'à +27 dB(A) la nuit
Avis officiel
L'état initial nocturne en zone à émergence réglementée est déjà de 44,5 à 51,5 dB(A). L'étude acoustique (mai 2026) montre que le niveau admissible n'est pas respecté : +7,5 dB(A) en zone d'émergence réglementée est en mode « bâtiment noir » (8 groupes électrogènes + 8 refroidisseurs), et en mode secours (tous les équipements) +17 dB(A) le jour et +27 dB(A) la nuit en limite est, +12 dB(A) en zone d'émergence est, +4 dB(A) au nord. Même en mode standard, le cumul datacenter + studios dépasse de 0,5 dB(A) la nuit au nord. La MRAe demande des mesures de réduction à la source garantissant la conformité « dans tous les cas de figure ». Le bruit du centre logistique prévu au sud et celui du trafic induit ne sont pas modélisés.
À vérifier
Quelles mesures concrètes le porteur s'engage-t-il à prendre (silencieux, écrans, capotage) et avec quel niveau garanti ?
Les essais mensuels des 12 groupes ont-ils lieu de jour ? À quelle heure ?
Les nuits de canicule, le refroidissement « sans eau » tourne à plein régime : seize groupes froids et leurs échangeurs de toiture, ventilateurs au maximum, au moment où le quartier dort fenêtres ouvertes. L'étude acoustique modélise-t-elle ce cas, avec quel niveau en zone à émergence réglementée ?
Sources : avis MRAe p. 12-13 ; étude d'impact p. 118 et suiv. (résultats par mode, tableaux 26 et suiv., figures 59 et suiv.) et étude acoustique en annexe.
Voir le texte type
L'étude acoustique jointe au dossier montre que le niveau de bruit admissible ne sera pas respecté dans plusieurs modes de fonctionnement du datacenter : dépassement de 7,5 dB(A) en zone à émergence réglementée en mode « bâtiment noir », et jusqu'à 27 dB(A) la nuit en limite de propriété en mode secours (avis MRAe, p. 12). Le bruit du futur centre logistique de la partie sud du site et celui du trafic induit ne sont pas modélisés. Dans un secteur d'habitat dense où le bruit nocturne atteint déjà 51,5 dB(A), je demande que le porteur de projet s'engage sur des mesures de réduction à la source garantissant la conformité dans tous les cas de figure, que les essais des groupes électrogènes soient interdits la nuit et le week-end, et qu'un suivi acoustique en continu soit prescrit.
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98 MW de combustion au cœur de la ville, sans meilleures techniques disponibles ni traitement des NOx
ProcédureDossier
12 groupes électrogènes de 8,164 MW = 98 MW de puissance thermique (description des installations p. 27), ce qui place le site sous la rubrique 3110 et la directive IED. Mais le dossier explique que les conclusions sur les meilleures techniques disponibles (BREF LCP) « ne concernent pas » les unités de moins de 15 MW : « Les MTD ne s'appliquent donc pas » (p. 51). Le dossier énergie confirme : « SCR : NON » (aucun traitement catalytique des oxydes d'azote). Les fiches constructeur donnent 3 430 mg/Nm³ de NOx à 5 % d'O₂ et 31,9 kg/h par groupe (annexe de l'étude d'impact, p. 543), évacués par 12 cheminées de 43 m. Le dossier énergie indique par ailleurs 8 500 kW thermiques par groupe, soit 102 MW.
À vérifier
Quelles valeurs limites d'émission de l'arrêté du 3 août 2018 s'appliquent à des groupes « de secours » ? Le préfet peut-il imposer un traitement des NOx par prescription spéciale ?
Puissance unitaire : 8 164 ou 8 500 kW ? Le seuil de 100 MW (arrêté du 3 août 2018) est-il franchi avec 8 500 kW ?
Comment sont gérées les pannes longues : 10 groupes pendant 48 h = 480 h de fonctionnement en une seule fois.
Sources : description des installations PJ46 p. 27, 48-51 ; dossier énergie PJ104 p. 4-5 ; étude d'impact PJ04 annexe p. 543 ; note de présentation non technique p. 5.
Voir le texte type
Le projet comporte 12 groupes électrogènes totalisant 98 MW de puissance thermique (description des installations, p. 27), voire 102 MW selon le dossier énergie (8 500 kW par groupe, p. 5). Il relève de la directive IED, mais le dossier indique que les meilleures techniques disponibles « ne s'appliquent donc pas » puisque chaque unité reste sous 15 MW (p. 51), et qu'aucun traitement catalytique des oxydes d'azote n'est prévu (« SCR : NON », dossier énergie p. 5), pour des émissions de 3 430 mg/Nm³ de NOx par groupe (annexe de l'étude d'impact, p. 543). Une installation de combustion de cette taille, en plein tissu résidentiel et à 240 m d'écoles, ne peut pas être autorisée sans traitement des émissions. Je demande que l'arrêté impose un traitement des NOx, des valeurs limites d'émission strictes et un encadrement des heures d'essais, et que l'incohérence sur la puissance unitaire des groupes soit levée.
7
Heures de fonctionnement et carburant : des chiffres qui changent d'une pièce à l'autre
Dossier · à vérifier
Les tests mensuels représentent « 12 GE × 45 min × 10 mois = 108 h » dans l'étude d'impact (p. 144), « × 12 mois = 108 h » dans le dossier énergie (p. 5), et « 10 unités… soit un total de 90 h par an… = 108 h » dans la note non technique (p. 5). L'ARS retient 130 h. La consommation est de 779 L/h (étude d'impact p. 151) ou 806 L/h (dossier énergie) ; le carburant annuel est de 98 040 L dans le bilan GES (p. 278 de l'étude d'impact) mais de « 1 009 m³/an » dans l'étude d'impact (p. 151), soit dix fois plus. La MRAe relève que le fonctionnement des groupes en cas de coupure n'est pas compté dans le bilan GES. Enfin le dossier parle de « HVO ou fioul » sans engagement, alors que le fioul émet « 3,5 fois plus » (bilan GES p. 4).
À vérifier
Quel nombre d'heures et quel débit ont servi à la modélisation de la dispersion atmosphérique (ADMS) ?
Le HVO sera-t-il imposé par l'arrêté ? Quelle traçabilité ?
Sources : étude d'impact PJ04 p. 144, 151, 278 ; dossier énergie PJ104 p. 5 ; note de présentation non technique p. 5 ; bilan GES PJ53-56 p. 4 ; avis ARS p. 3 ; avis MRAe p. 14.
Voir le texte type
Le dossier présente des données incohérentes sur le fonctionnement des groupes électrogènes : les heures d'essais annuelles sont calculées sur 10 mois dans l'étude d'impact (p. 144) et sur 12 mois dans le dossier énergie (p. 5), avec 10 ou 12 unités selon la note non technique (p. 5) ; la consommation annuelle de carburant est de 98 040 litres dans le bilan des gaz à effet de serre (étude d'impact, p. 278) mais de 1 009 m³ dans l'étude d'impact elle-même (p. 151). Le fonctionnement des groupes en cas de coupure n'est pas comptabilisé (avis MRAe, p. 14) et le choix entre fioul et HVO reste ouvert. Ces incohérences affectent directement l'évaluation des émissions atmosphériques et sanitaires. Je demande que le dossier soit corrigé et que l'arrêté fixe le nombre maximal d'heures de fonctionnement, l'obligation d'utiliser du HVO et une comptabilité des heures réelles accessible au public.
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Zonage du PLUi : UEa2 dans tout le dossier, UEb2 selon la MRAe
Avis officielÀ vérifier
Le dossier affirme partout que le site est en zone UEa2 (étude d'impact p. 82, 181, 566, 699, 715, 736 ; note non technique p. 2 ; pièce PC-4b « conformité PLUi »). La MRAe « relève que le site du projet est situé en zone UEb2 » et demande de compléter l'analyse de conformité, « en particulier concernant la hauteur de façade et la hauteur totale autorisées ». Le bâtiment fait 30 m selon la note non technique mais 33 m selon le dossier énergie et la MRAe. Les formulaires de la Ville joints au permis mentionnent eux aussi « UEa2 » : il faut trancher sur le règlement graphique du PLUi. Surtout, la note d'examen au cas par cas déposée par Brownfields en janvier 2023 décrivait le secteur en UEa2 avec des « hauteurs de façade maximales limitées à 18 mètres ». L'origine du plafond de 30 m est désormais établie : le rapport de présentation de la modification n°3 du PLUi (pièce H11, p. 370) indique que, « suite à l'enquête publique, afin de faciliter le projet sur l'usine Saint Louis Sucre (projet du hub cinématographique inclusif) », le règlement graphique a été modifié : « un vélum de hauteur à 30 m est ajouté sur l'ensemble du site de projet », deux emplacements réservés ont été supprimés ou réduits, le périmètre de l'OAP Saint-Louis étendu avec un « pôle de vie ». Les conclusions de la commission d'enquête (§ 6.8, p. 13-14) précisent l'origine de la demande : pendant l'enquête du 2 octobre au 3 novembre 2023, « les porteurs de projet » de la Cité du cinéma ont demandé, pour une emprise de 5,8 ha présentée comme des studios avec 800 emplois, « de porter la hauteur des constructions de 18 m à 30 m » ; 60 observations favorables, la Métropole « réserve sa réponse et attend l'avis de la ville de Marseille », la commission rend un avis favorable. Le vélum n'était donc pas dans le dossier soumis au public ; il a été ajouté après l'enquête, sur « l'ensemble du site », et approuvé le 18 avril 2024. Le dossier du datacenter s'appuie sur ce « repérage graphique » (PJ46 p. 57), alors que la justification de la Métropole visait les studios de cinéma, pas un bâtiment de 33 m abritant 12 groupes électrogènes. La DDTM 13 va plus loin que la MRAe : « le projet est implanté en zone UEb2 (et non en zone UEa2 comme indiqué en page 82 de l'étude d'impact) », zone où « le PLUi prévoit […] une hauteur de façades limitée à 18 mètres », de sorte qu'un « bâtiment d'une hauteur d'environ 35 mètres […] apparaît non conforme aux dispositions du PLUi ». Elle relève aussi que « l'étude d'impact ne comporte pas d'analyse relative à la compatibilité du projet avec le SCoT et le PLUi », que l'incidence paysagère « n'est pas analysée », et que le secteur relève de l'OAP MRS-17, qui y attend un pôle de vie d'environ 2 000 m² d'hébergement et restauration et 4 000 m² de commerces et services : « en l'état, le projet de datacenter ne s'inscrit pas dans cette programmation ».
À vérifier
Consulter le plan de zonage du PLUi Marseille-Provence (geoportail-urbanisme.gouv.fr) sur les parcelles 899 E 53, 56, 58 et 905 H 115.
Le vélum de 30 m a été demandé pendant l'enquête par les porteurs du projet de studios et ajouté après celle-ci sur tout le site : quel a été l'avis de la Ville de Marseille attendu par la Métropole ? Une hauteur accordée pour des studios peut-elle fonder celle d'un datacenter de 33 m jamais présenté au public à cette date ?
Hauteurs maximales autorisées en UEb2 ; hauteur réelle avec les équipements en toiture et les cheminées de 43 m.
Hauteur réellement nécessaire à des studios : les neuf plateaux des Studios de Paris, à la Cité du cinéma de Saint-Denis, font de 14,4 à 16 m sous gril (fiche technique de l'exploitant) ; la règle de 18 m de façade suffisait donc à un pôle cinéma de standard national. Seul le datacenter, 30 m de façade, 33 m au total et cheminées de 43 m, a besoin du vélum de 30 m (comparaison détaillée).
La zone inconstructible pour risque d'effondrement (art. 6.4 des dispositions générales) recoupe-t-elle l'emprise bâtie ?
Quelle hauteur fait foi : 26,55 m de façade et 33 m au total selon l'analyse de conformité (PJ46 p. 57), 30 m de façade selon la notice architecturale, ou « environ 35 mètres » selon la DDTM ? Celle-ci demande de préciser la conformité « d'une part [au regard de] la hauteur totale du bâti (35 mètres), et, d'autre part, des règles applicables en matière de hauteur de façades ».
Une « analyse argumentée de la compatibilité du projet avec les orientations de l'OAP » MRS-17, demandée par la DDTM, a-t-elle été produite ?
Sources : avis MRAe p. 9 ; étude d'impact PJ04 p. 82 et 181 ; description des installations PJ46 p. 57 (repérage graphique 30 m, modification n°3) ; analyse de conformité PJ10 ; PCVD › Data Center › PC-4b ; avis SPPGR (PCVD) ; note cas par cas F09323P0031 (DREAL, janv. 2023) p. 22 ; rapport de présentation de la modification n°3 du PLUi, pièce H11 « Évolutions du PLUi », p. 258 et 370-371 (enquête publique du 2 octobre au 3 novembre 2023, approbation du 18 avril 2024) ; rapport de la commission d'enquête de la modification n°4 du PLUi (15/05/2025) et délibération d'approbation du 6/10/2025 ; fiche technique des plateaux des Studios de Paris ; avis de la DDTM 13 du 19 août 2026, p. 5-6.
Voir le texte type
L'ensemble du dossier analyse la conformité du projet au règlement de la zone UEa2 du PLUi (étude d'impact p. 82 et 181, note non technique p. 2, pièce PC-4b). Or la MRAe relève (p. 9) que le site est situé en zone UEb2 et demande que l'analyse de conformité soit reprise, notamment pour la hauteur de façade et la hauteur totale, le dossier indiquant tantôt 30 m, tantôt 33 m. Le terrain est en outre concerné par une zone inconstructible pour risque d'effondrement (art. 6.4 des dispositions générales du PLUi, avis du service risques de la Ville). Je relève enfin que les neuf plateaux de tournage de la Cité du cinéma de Saint-Denis, référence nationale, mesurent de 14,4 à 16 m sous gril : la hauteur de façade de 18 m de la zone permettait des studios de cinéma ; seul le datacenter exige 30 m de façade, 33 m au total et des cheminées de 43 m. Je demande que la conformité du projet au règlement de la zone applicable soit démontrée pièce par pièce avant toute décision.
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Galerie de la mer, canalisations de gaz : des risques absents de l'étude d'impact
Avis officiel
La Galerie de la mer (ouvrage souterrain de 1888 évacuant les eaux de la mine de Gardanne, servitude d'inconstructibilité) est identifiée dans l'OAP « Marseille Saint-Louis » et dans les pièces graphiques du PLUi (zone inconstructible pour effondrement). Elle n'apparaît pas une seule fois dans les 738 pages de l'étude d'impact, seulement sur les plans et dans le rapport de base. La MRAe demande de justifier que bâtiments, bassins d'infiltration et voiries n'aggravent pas le risque d'effondrement. Le site est aussi traversé ou bordé par des canalisations de gaz GRTgaz sous servitude (arrêté 2022-60) : « le risque associé au transport de matières dangereuses peut être considéré comme fort », mais les effets d'une rupture sur le datacenter (500 m³ de carburant, batteries) ne sont pas analysés. La DDTM 13 ajoute que « la présence d'une zone d'effondrement en partie est du site n'est pas suffisamment prise en compte », demande « de préciser si cette zone est en lien avec la galerie de la mer » et de détailler les mesures d'évitement, de réduction et de compensation envisagées : sur ce point, « l'étude d'impact apparaît insuffisamment documentée et argumentée ».
À vérifier
Tracé exact de la galerie et des canalisations par rapport au bâtiment, aux cuves et aux bassins.
L'étude de dangers (201 p.) traite-t-elle des effets dominos venant de l'extérieur ?
Sources : avis MRAe p. 15 ; avis SPPGR (PCVD) ; plans PJ12-2 et PJ12-3 ; rapport de base PJ61 p. 49 ; étude de dangers PJ07 ; avis de la DDTM 13 du 19 août 2026, p. 6.
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L'étude d'impact n'évoque ni la servitude liée à la Galerie de la mer, ni la zone inconstructible pour risque d'effondrement cartographiée au PLUi, alors que l'OAP « Marseille Saint-Louis » les identifie (avis MRAe, p. 15). Elle ne justifie pas que les bâtiments, bassins d'infiltration et voiries n'aggravent pas ce risque. Elle n'analyse pas non plus les effets que subirait l'installation, avec ses 500 m³ de carburant, en cas de rupture des canalisations de gaz et d'hydrocarbures voisines, dont le dossier lui-même qualifie le risque de « fort ». Je demande que ces deux risques soient étudiés et que le projet soit adapté en conséquence.
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Volet naturel : huit semaines de terrain en 2025, un seul passage hivernal en 2022
Avis officielDossier
Le tableau 4 « Synthèse des prospections de terrain » du volet naturel (annexe 9, EODD) montre que la campagne 2025 se limite à cinq dates entre le 6 mai et le 30 juin. Les données de 2021 (bureau Ecotonia, mai à novembre) ont quatre à cinq ans. L'hiver n'a été prospecté qu'une seule fois, le 19 janvier 2022. Février, mars, avril, juillet, août et décembre n'ont jamais été prospectés. Les chauves-souris ont été enregistrées trois nuits (23-25 juin 2025) et une semaine en octobre 2021 ; les gîtes potentiels n'ont pas été vérifiés (indices, hiver). Le dossier reconnaît lui-même qu'« un échange avec les services de l'État permettra de statuer sur la recevabilité de ce diagnostic écologique ». La MRAe demande des inventaires complets sur la partie sud et sur la ripisylve des Aygalades, une requalification des impacts résiduels jugés « négligeables » malgré des impacts bruts « forts », et constate que le dossier d'évaluation des incidences Natura 2000 « n'a pas été établi ». La DDTM 13 identifie de son côté 1 118 m² de zones humides dans la ripisylve, signale la « présence potentielle de chiroptères dans les anciens bâtiments destinés à la démolition » et relève un impact absent de l'étude : « l'élévation du futur data center qui avoisine les 33 mètres de hauteur […] pourrait avoir des incidences liées à l'ombrage du bâtiment sur le ruisseau et ses ripisylves. Il semble que cet aspect […] n'ait pas été étudié. » Elle conclut à l'absence d'atteinte a priori au site Natura 2000, « sous réserve de la bonne application des mesures ERC proposées dans le dossier ».
À vérifier
Espèces protégées avérées (Serin cini, Chardonneret, Faucon crécerelle, pipistrelles, Lézard des murailles, Grenouille rieuse) : une dérogation « espèces protégées » (DDEP) est-elle nécessaire ? Le dossier n'en contient pas.
Doctrine régionale sur l'ancienneté des données (ordre de 3 ans) : les données 2021-2022 sont-elles encore recevables ?
L'ombrage porté par un bâtiment de 33 m sur le ruisseau et sa ripisylve sera-t-il évalué avant la décision, comme le demande la DDTM ?
Sources : étude d'impact PJ04, annexe 9 (VNEI EODD, 19/09/2025) p. 568-569 (tableau 4), p. 575 (chiroptères), p. 51, 81 et 603 (« recevabilité ») ; avis MRAe p. 16-17 ; avis de la DDTM 13 du 19 août 2026, p. 4-5.
Voir le texte type
Le volet naturel de l'étude d'impact (annexe 9, tableau 4) repose sur cinq passages de terrain en 2025, tous entre le 6 mai et le 30 juin, complétés par des données de 2021 et par un unique passage hivernal le 19 janvier 2022. Six mois de l'année n'ont jamais été prospectés (février à avril, juillet, août, décembre) ; les chiroptères n'ont été enregistrés que trois nuits en juin 2025 et les gîtes potentiels n'ont pas été vérifiés. Le dossier admet que la recevabilité de ce diagnostic reste à établir (p. 51, 81, 603). La MRAe demande des inventaires complets sur la partie sud du site et la ripisylve des Aygalades et constate que l'évaluation des incidences Natura 2000 n'a pas été établie (p. 16-17). Je demande que le diagnostic écologique soit complété sur un cycle biologique entier avant toute décision, que la nécessité d'une dérogation « espèces protégées » soit examinée et que l'évaluation Natura 2000 soit produite.
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Aucune analyse d'alternatives de site
Avis officiel
« Le dossier ne présente pas d'analyse comparative de sites potentiels d'implantation d'un data-center à l'échelle intercommunale et communale et n'argumente pas le choix du site » sous l'angle environnemental (MRAe p. 10). Aucune variante ne tient compte de la restauration de la continuité écologique du ruisseau des Aygalades, pourtant affichée par le PADD du PLUi. La note non technique justifie l'implantation « en France » par le coût de l'électricité et les câbles sous-marins, pas l'implantation dans ce quartier.
À vérifier
Pourquoi ce site plutôt que les zones industrielles ou portuaires sans habitat à proximité ?
Quel lien avec le cluster de datacenters marseillais et les câbles sous-marins ?
Sources : avis MRAe p. 10 ; note de présentation non technique p. 4 ; étude d'impact p. 47 (extrait du PADD).
Voir le texte type
Comme le relève la MRAe (p. 10), le dossier ne présente aucune analyse comparative de sites d'implantation à l'échelle communale ou intercommunale et ne justifie pas le choix d'une parcelle enclavée dans un quartier d'habitat dense, bordée par le ruisseau des Aygalades dont le PADD du PLUi prévoit la restauration écologique. L'article R.122-5 du code de l'environnement impose pourtant de présenter les solutions de substitution raisonnables examinées. Je demande que le dossier soit complété par cette analyse et par une variante préservant la continuité écologique du ruisseau.
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Gaz à effet de serre : 907 000 tonnes, un « scénario sans projet » à zéro et des mesures non arrêtées
DossierAvis officiel
Le bilan estime 907 363 tCO₂e sur 50 ans (18 147 t/an) : 48 % pour l'électricité, 42 % pour le renouvellement du matériel informatique tous les 6 ans, 4,9 % pour les fuites de fluide. Le datacenter consommera environ 159,4 GWh d'électricité par an pour 20 MW informatiques (p. 278) ; les panneaux photovoltaïques produiraient 68 351 MWh en 50 ans, soit moins de 1 % de ce besoin. Le « scénario sans projet » est fixé à zéro émission. La MRAe note que ni la partie sud du site ni le fonctionnement des groupes électrogènes en cas de coupure ne sont comptés, et que les mesures d'évitement et de réduction listées ne précisent pas « celles retenues par les porteurs de projet et qui seront réellement mises en place ».
À vérifier
Facteur d'émission de l'électricité retenu ; origine de l'électricité (contrat, garanties).
Le PUE de 1,15 est une moyenne annuelle qui cache une pointe. Le refroidissement « sans eau » n'échange qu'avec l'air sec : par temps doux il fonctionne presque sans compresseur, mais un après-midi à 38 °C ses seize groupes froids et ses échangeurs de toiture travaillent à plein régime, et la dépense de froid peut passer de quelques centaines de kW à 5 ou 6 MW, contre 2 à 3 MW pour un système évaporatif, qui paierait, lui, en centaines de m³ d'eau par jour. Le raccordement de 29,5 MW pour 20 MW de serveurs est cohérent avec cette pointe : la marge de près de 10 MW, c'est l'été. À demander : la puissance appelée et le PUE un jour de canicule, pas la moyenne, et leur coïncidence avec la pointe du réseau régional.
Sources : bilan GES PJ53-56 p. 3-7 ; étude d'impact PJ04 p. 154 (photovoltaïque) et p. 278 (BEGES) ; dossier énergie PJ104 p. 7 (PUE) ; avis MRAe p. 14-15.
Voir le texte type
Le bilan des émissions de gaz à effet de serre évalue l'impact du projet à 907 363 tCO₂e sur 50 ans, soit 18 147 tonnes par an, pour une consommation électrique d'environ 159 GWh par an (étude d'impact, p. 278). Le photovoltaïque prévu ne couvrirait qu'environ 1 % de ce besoin. La MRAe relève (p. 14-15) que le bilan omet l'aménagement de la partie sud du site et le fonctionnement des groupes électrogènes en cas de coupure, et que les mesures de réduction énumérées ne sont pas celles effectivement retenues. Je demande que le bilan soit repris et que les mesures d'évitement et de réduction auxquelles le porteur s'engage soient inscrites dans l'arrêté avec des indicateurs de suivi publics.
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Chaleur fatale : une promesse sans réseau ni preneur
Dossier · à vérifier
La « valorisation de la chaleur fatale auprès d'usagers en dehors du périmètre du projet » est comptée comme mesure d'évitement dans le bilan GES. Or aucun réseau de chaleur n'existe : la note non technique indique que « la Ville soutient une éventuelle inclusion pour le projet de Réseaux de chaleur urbains Nord actuellement en préparation ». Les besoins des studios voisins sont modestes (chauffage 1 285 MWh/an, eau chaude 192 MWh/an, p. 278), soit environ 1 % de la chaleur rejetée par un datacenter qui consomme 159 GWh/an, avec des besoins « saisonniers uniquement » et « en froid plus importants qu'en chaud » (annexe 6). La MRAe salue la démarche d'étude mais ne la quantifie pas. La DDTM 13 est plus nette : les mesures de valorisation « demeurent hypothétiques », le dossier « se limite à proposer un pré-dimensionnement de raccordement aux Studios de la Méditerranée (site adjacent), sans engagement explicite de ces derniers à y souscrire », le réseau de chaleur urbain « n'en est qu'au stade du projet » et un raccordement ne pourrait intervenir que dans le cadre d'une « hypothétique phase 3 » de son développement, tandis que « la température moyenne de rejet, de l'ordre de 35 °C, limite les possibilités de valorisation ». Elle constate en outre que « le bilan énergétique quantitatif global n'est pas présenté de manière explicite » — consommations annuelles par usage, chaleur fatale produite, productible des panneaux solaires —, ce qui empêche d'apprécier la portée réelle des mesures annoncées et « ne permet pas non plus d'évaluer l'ampleur des risques d'effets cumulés avec le datacentre de la zone Actisud ».
À vérifier
Existe-t-il une délibération ou un engagement de la Ville ou de la Métropole sur ce réseau de chaleur ? À quelle échéance ?
Quelle part de la chaleur produite serait réellement récupérée ? Le bâtiment « de récupération de chaleur fatale » sera-t-il construit dès l'origine ?
Sources : note de présentation non technique p. 7 et 11 ; étude d'impact PJ04 p. 125 (§ valorisation), p. 278, annexe 6 (p. 396 et suiv.) ; avis MRAe p. 3 et 7 ; avis de la DDTM 13 du 19 août 2026, p. 6-7.
Voir le texte type
La récupération de la chaleur fatale est présentée comme une mesure d'évitement des émissions de gaz à effet de serre, alors qu'aucun réseau de chaleur n'existe à proximité et que la note non technique (p. 7) ne fait état que d'un soutien de la Ville à une « éventuelle inclusion » dans un réseau « en préparation ». Les besoins thermiques identifiés chez les studios voisins (environ 1 500 MWh par an, étude d'impact p. 278) représentent de l'ordre de 1 % de l'énergie consommée par le datacenter. Je demande que la part de chaleur effectivement valorisable soit quantifiée, que les engagements des collectivités soient joints au dossier, et que cette mesure ne soit pas comptabilisée tant qu'aucun preneur n'est identifié.
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Sols pollués, nappe et ruisseau des Aygalades : 500 m³ de carburant enterrés à moins de 10 m du cours d'eau
DossierAvis officiel
Le rapport de base (424 p.) rappelle les pollutions historiques : hydrocarbures jusqu'à 1 100 mg/kg au droit de l'ancienne chaufferie charbon, plomb à 210 mg/kg dans les remblais, dépassements des seuils déchets inertes (fraction soluble 23 400 mg/kg, sulfates 14 400 mg/kg), xylènes dans les gaz du sol (325 µg/m³) après réhabilitation. Le suivi des eaux souterraines exigé par l'arrêté préfectoral du 25 mars 2022 « n'a pas été communiqué ». Le projet ajoute 5 cuves enterrées de 100 m³ de fioul ou HVO, 12 réservoirs journaliers et une aire de dépotage à moins de 10 m du ruisseau des Aygalades. L'ARS relève que les rejets aqueux ne sont pas étudiés ; la MRAe demande le devenir des piézomètres ; la Métropole rappelle que tout rabattement de nappe relève de la loi sur l'eau. Le précédent espagnol montre ce que l'instruction peut exiger : pour le campus Merlin Edged de Navalmoral de la Mata (288 MW, 104 groupes diesel, 48 cuves de 120 m³ soit 5 968 m³ de gasoil), l'analyse quantitative des risques a dû étudier les scénarios d'accident liés aux camions-citernes et au dépotage, et reconnaît que certains « pourraient dépasser les limites de l'enceinte » ; l'association ADENEX y conteste aussi une consommation d'eau annoncée « nulle » alors que le dossier prévoit sanitaires et humidification des salles, et un ruisseau traverse la parcelle (voir « Ce qu'Edged fait ailleurs »). La DDTM 13 demande que les deux piézomètres installés en 2008 par l'APAVE soient régularisés ou comblés selon leur devenir, propose une prescription imposant un porter à connaissance un mois avant tout pompage d'assèchement de fouille non prévu au dossier, et rappelle que « le suivi des eaux souterraines post travaux réhabilitation est non communiqué » et que « le diagnostic sur les sols est à compléter après excavations pour le terrassement » : le porteur « doit garantir que les modalités de gestion des eaux pluviales ne généreront pas d'impact sur la nappe et le cours d'eau ». Elle juge en revanche « vertueuse » la rétention proposée pour environ 95 % des surfaces déjà imperméabilisées et non compensées aujourd'hui.
À vérifier
Où est passé le suivi post-travaux des eaux souterraines de 2024 ?
Profondeur de la nappe sous les cuves ; conséquences d'une crue du ruisseau (voie inondable signalée par la Ville).
Eau : le refroidissement est une boucle fermée d'eau glycolée, trois circuits dont le volume n'est pas indiqué, avec un stock de 15 cuves de 1 m³ de glycol pour l'appoint (PJ46 p. 38), remplie « une seule fois » selon Edged ; à demander aussi : le volume des circuits et la source du remplissage initial, la nature du glycol (éthylène ou propylène, seule la mention H319 figure au dossier) et la filière des vidanges ; le dossier prévoit 650 m³ par an pour le datacenter, 550 m³ de sanitaires et 100 m³ d'« entretien et humidification de l'air » (description des installations p. 39). Le raccordement au réseau public reste indispensable : trois poteaux incendie de 60 m³/h « raccordés au réseau d'eau », deux cuves enterrées de 90 m³ et 80 m³ pour le sprinklage. À demander : un compteur dédié à l'appoint des boucles et à l'humidification, un plafond annuel opposable, l'interdiction de tout pré-refroidissement adiabatique ou évaporatif sur les échangeurs de toiture, et la publication des consommations. Correction du 7 septembre 2026 : une version précédente de cette page attribuait au datacenter les 8 600 m³ par an de l'étude d'impact (p. 138-139) ; ce chiffre concerne les studios, dont 3 326 m³ d'arrosage.
L'étude de dangers traite-t-elle, comme à Navalmoral, des scénarios de dépotage des camions-citernes (rupture de flexible, déversement sur l'aire, incendie de nappe) et de leur atteinte hors du site, à 10 m du ruisseau et à proximité des habitations ? Combien de livraisons par an pour 500 m³, et par quelle voirie ?
Le site est une friche industrielle dont le rapport de base documente les pollutions résiduelles (hydrocarbures, plomb, sulfates, xylènes dans les gaz du sol) et indique que le suivi des eaux souterraines exigé par l'arrêté préfectoral du 25 mars 2022 n'a pas été communiqué (p. 20). Le projet y ajoute cinq cuves enterrées de 100 m³ de carburant et une aire de dépotage à moins de dix mètres du ruisseau des Aygalades, alors que l'ARS relève que les rejets aqueux ne sont pas étudiés et que la MRAe demande de préciser le devenir des piézomètres. Je relève que, pour un projet du même exploitant en Espagne (campus Merlin Edged de Navalmoral de la Mata, 5 968 m³ de gasoil), l'analyse quantitative des risques a dû examiner les scénarios d'accident liés aux camions-citernes et au dépotage, dont certains dépassent les limites du site. Je demande que le suivi de la nappe soit versé au dossier, que l'étude d'impact traite des rejets aqueux et du risque de pollution du ruisseau, que l'étude de dangers examine les scénarios de dépotage et leurs effets hors site, et que l'arrêté prescrive une surveillance piézométrique pérenne.
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Un dossier truffé d'incohérences
DossierAvis officiel
La MRAe relève des surfaces de plancher de 22 084, 28 896 ou 21 900 m² pour le datacenter selon les pièces, 38 208 ou 38 305 m² pour les studios, et juge l'étude d'impact « mal structurée et incomplète », ses annexes de 569 pages n'ayant pas de sommaire. On trouve aussi : « Edge Energy » au lieu d'Edged Energy (avis du maire), « Provence Studios » à côté de « Studios de la Méditerranée », une hauteur de 30 ou 33 m, des tests sur 10 ou 12 mois, de l'« oxyde nitreux » là où il s'agit d'oxydes d'azote (note non technique p. 8). La pièce « Avis du maire » ne contient aucun avis : seulement la lettre de demande du pétitionnaire et l'accusé de réception postal (l'avis est « réputé émis » après 45 jours de silence). L'étude d'impact indique par ailleurs que les groupes électrogènes sont à « 10 unités » en test dans une pièce et « 12 » dans une autre. La DDTM 13 ajoute une quatrième hauteur et met en cause les plans : « des difficultés de lisibilité des plans ont été constatées sur ce point. Ceux-ci mentionnent un zonage UEa2 et une hauteur sectorisée en façade de 30 mètres sur le site, ce qui est en contradiction avec les éléments précédemment relevés » — la zone UEb2 et sa limite de 18 m. Au total, le dossier affiche 26,55 m de façade et 33 m au total dans l'analyse de conformité (PJ46 p. 57), 30 m de façade dans la notice architecturale, et « environ 35 mètres » selon la DDTM.
À vérifier
Recenser collectivement les incohérences (une par ligne, avec pièce et page) : c'est un argument de recevabilité du dossier.
Le porteur a-t-il produit une version corrigée ? Le mémoire en réponse à la MRAe est-il en ligne ?
Sources : avis MRAe p. 5 (notes 1 et 7), p. 9-10 ; avis du maire PJ63 p. 3-5 ; note de présentation non technique p. 3, 5, 8 ; description des installations p. 39 et 57 ; étude d'impact p. 138, 144 ; avis de la DDTM 13 du 19 août 2026, p. 6.
Voir le texte type
Le dossier soumis au public comporte de nombreuses incohérences internes relevées par la MRAe (surfaces de plancher différentes selon les pièces, étude d'impact « mal structurée et incomplète », annexes sans sommaire, p. 5 et 9-10) et par une simple lecture : hauteur de 30 ou 33 m, heures d'essais calculées sur 10 ou 12 mois, dénomination changeante des studios, nom même du porteur mal orthographié dans la pièce « avis du maire », laquelle ne contient d'ailleurs aucun avis. Ces défauts nuisent à l'information du public et fragilisent l'évaluation des impacts. Je demande qu'un dossier corrigé et cohérent soit soumis à une nouvelle consultation.
16
Une consultation ouverte avant l'avis de l'autorité environnementale, sans concertation préalable
Procédure
La procédure « parallélisée » de la loi industrie verte a permis d'ouvrir le site le 17 août et la consultation le 24 août, en plein été, huit jours avant l'avis de la MRAe (1er septembre). La réunion publique d'ouverture du 3 septembre s'est donc tenue deux jours après la publication de cet avis. Le porteur doit publier sa réponse écrite à la MRAe pendant la consultation : elle n'était pas en ligne au 4 septembre. Le projet « n'a pas fait l'objet d'une procédure de concertation préalable ». Le dossier prévoyait un arrêté préfectoral en « septembre 2026 » et des travaux dès « octobre 2026 », avant même la clôture du 24 novembre, ce qui interroge sur la portée réelle de la consultation. À la réunion du 3 septembre, seuls le commissaire enquêteur et le pétitionnaire étaient à la tribune : la loi n'exige que « la participation du pétitionnaire » (art. L.181-10-1), les collectivités étant consultées à part par le préfet. Mais la Ville, qui instruit le permis, et la Métropole, auteure de trois avis défavorables, ont déjà des positions, contradictoires entre elles, et aucune n'est venue les exposer aux habitants.
À vérifier
Date de mise en ligne du mémoire en réponse à la MRAe ; sa prise en compte dans le délai de consultation.
Le registre a-t-il été complété (avis MRAe, ARS) au fil de l'eau ? Une prolongation est-elle possible ?
Les avis de la Ville de Marseille et de la Métropole seront-ils délibérés avant la clôture du 24 novembre, et non dans les quinze jours qui suivent, et un représentant de chacune viendra-t-il à la réunion de clôture du 17 novembre ? À demander par écrit au maire et à la présidente de la Métropole.
Sources : avis de consultation du public (préfecture) ; avis MRAe p. 2 et 9 (dates de saisine et d'ouverture, décret 2024-742, loi 2025-794) ; note de présentation non technique p. 5 (calendrier).
Voir le texte type
La consultation du public a été ouverte le 24 août 2026, en période estivale, avant que l'avis de la MRAe ne soit rendu le 1er septembre, et sans qu'aucune concertation préalable n'ait été organisée. Le calendrier affiché dans la note de présentation non technique (p. 5) prévoyait un arrêté préfectoral en septembre 2026 et un début des travaux en octobre 2026, soit avant la clôture de la consultation fixée au 24 novembre. Je demande que la réponse écrite du porteur de projet à l'avis de la MRAe soit publiée sans délai sur le registre, que le public dispose d'un temps suffisant pour en prendre connaissance, au besoin par une prolongation de la consultation, et que le commissaire enquêteur en tire les conséquences dans son rapport.
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Capacités financières : des projections « pro forma », une société de projet née en 2025, un bail sous conditions
Dossier
La pièce PJ47 « capacités techniques et financières » ne présente aucun compte de la société pétitionnaire. ESL Properties est une SAS à associé unique créée le 7 juillet 2025, dont l'activité déclarée est la location de biens immobiliers. Ses capacités sont « basées sur les informations de Edged Energy » : un tableau « pro forma » de « chiffres indicatifs au niveau du portefeuille », qui fait passer le chiffre d'affaires américain d'Edged de 28,8 M$ en 2023 à 720 M$ en 2026 (estimation) et la valeur des actifs de 360 M$ à 9 Md$ en trois ans. Aucun bilan certifié, aucune garantie de la maison-mère, aucune mention des garanties financières de remise en état. Le terrain appartient à la Foncière Saint-Louis ; ESL n'est preneur que d'un bail à construction du 29 juillet 2025 « soumis à diverses conditions suspensives ». Le dossier indique aussi qu'Edged « ne possède aucun datacenter en France ». Le tableau lui-même se lit comme une formule : dans chaque case, la « valeur liquidative » vaut exactement 12,5 fois le chiffre d'affaires, et chaque année multiplie la précédente par 5, 2,5 puis 2. Sa colonne « Espagne et Portugal » (1,08 Md$ d'actifs en 2025) porte sur des bâtiments que Merlin Properties déclare financer et posséder, et le dossier affirme qu'Edged y a « engagé 1 milliard de dollars de fonds propres » alors que Merlin a levé 920 M€ en 2024 pour cela. Ce que la presse financière apprend et que le dossier tait : Koch Real Estate Investments, filiale de Koch Inc., écrit avoir « créé » Edged en 2024 avec Jakob Carnemark, quand Edged se dit « filiale d'Endeavour » ; Edged a levé près de 2 Md$ de dette en 2026 (1,3 Md$ d'obligations garanties en avril, prêt de construction arrangé par TD Securities et Crédit Agricole CIB) ; et depuis le 28 juillet 2026, selon Bloomberg, Koch étudie la cession d'Edged pour plus de 15 Md$ avec Goldman Sachs, plusieurs offres reçues, aucun accord annoncé. Le garant du pétitionnaire pourrait donc changer de mains avant l'arrêté préfectoral.
À vérifier
Quelle entité garantit ESL Properties : Edged Energy, Edged US, Endeavour ou Koch ? Sur quels comptes certifiés ? Que devient l'engagement en cas de cession d'Edged ?
Qui financera les 300 M€ annoncés dans la presse, et avec quelles sûretés sur le site (cuves, fluide, dépollution) en cas de défaillance de la société de projet ?
Le préfet peut-il exiger des garanties financières ou une caution de la maison-mère (art. L.516-1 et R.516-1 du code de l'environnement) ?
Quels clients ? Le dossier parle d'« hyperscalers » sans les nommer. En Espagne, les sites Edged sont loués à Meta, CoreWeave et Nebius par blocs de 15 à 18 MW.
Sources : PJ47 p. 4-6 ; PJ03 (attestation Norton Rose Fulbright du 14/11/2025, p. 6-7) ; étude de dangers PJ49 p. 36 ; Annuaire des entreprises (SIREN 989 019 146) ; ICI Provence, 2 septembre 2026 (300 M€) ; Koch Inc., investissements 2025 (« Edged is a company created by Koch Real Estate Investments ») ; edged.us (« Edged is a subsidiary of Endeavour ») ; BeBeez, 29 mai 2026 (financement) ; The Real Deal, 30 juillet 2026 et BeBeez, 3 août 2026, d'après Bloomberg (cession envisagée) ; Merlin Properties, résultats 2025 et communiqué du 27 juillet 2026 (propriété et valorisation des actifs ibériques).
Voir le texte type
La pièce relative aux capacités techniques et financières (PJ47) ne contient aucun compte de la société pétitionnaire, ESL Properties, société de projet créée le 7 juillet 2025, mais seulement un tableau « pro forma » de chiffres « indicatifs » de sa maison-mère Edged Energy, sans bilan certifié ni engagement de garantie, dont la « valeur liquidative » vaut mécaniquement 12,5 fois le chiffre d'affaires et inclut des actifs ibériques que Merlin Properties déclare posséder. La presse financière indique par ailleurs qu'Edged a été créée avec Koch Real Estate Investments, qu'elle a levé près de 2 milliards de dollars de dette en 2026 et que sa cession pour plus de 15 milliards de dollars est à l'étude depuis juillet 2026 : l'identité du garant du pétitionnaire n'est pas établie et pourrait changer avant la décision. Le pétitionnaire n'est pas propriétaire du terrain, dont il est preneur d'un bail à construction soumis à conditions suspensives (PJ03), et sa maison-mère n'exploite aucune installation classée en France (étude de dangers, p. 36). Pour une installation stockant 500 m³ de carburant et 14 tonnes de fluide frigorigène sur une friche polluée, je demande que les capacités financières soient démontrées par des comptes certifiés, par un engagement écrit d'une maison-mère nommément identifiée et maintenu en cas de changement de contrôle, et que l'arrêté prescrive des garanties financières couvrant la mise en sécurité et la remise en état du site.
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Des pièces manquent au dossier : demander leur versement avant la clôture
Procédure
Le public ne peut se prononcer que sur ce qu'on lui montre. Or plusieurs pièces déterminantes sont absentes du registre : le mémoire en réponse à l'avis de la MRAe, les réponses aux deux avis défavorables de la Métropole, le suivi de la nappe après dépollution, une analyse des risques compatible avec l'usage datacenter, l'étude géotechnique, les comptes certifiés et garanties de la maison-mère, les termes essentiels du bail à construction et du transfert des obligations de remise en état, la convention de raccordement, le permis d'aménager du lot Sud et les pièces du PLUi qui ont porté le plafond de hauteur de 18 à 30 m. La liste complète, avec l'administration compétente pour chacune, figure dans la section questions et documents. S'y ajoute désormais l'avis de la DDTM 13 du 19 août 2026, adressé à la DREAL cinq jours avant l'ouverture de la consultation et absent des pièces du registre au 2 septembre : les contributions des autres services de l'État recueillies au titre de l'examen du dossier devraient l'être aussi.
À vérifier
Cocher, avant de déposer, ce qui a été mis en ligne entre-temps sur le registre (rubrique « Documents »).
Adresser en parallèle les demandes CADA aux administrations concernées et joindre les réponses à votre observation.
Demander le versement au registre de l'avis de la DDTM 13 et des autres contributions de services recueillies par la DREAL, ainsi que la réponse du pétitionnaire à ces avis.
Sources : avis MRAe p. 2 (mémoire en réponse), p. 14-18 ; rapport de base PJ61 p. 20 (suivi de nappe non communiqué) ; PJ47 ; PJ03 ; avis Métropole des 2/02, 31/03 et 15/04/2026 ; description des installations PJ46 p. 57 ; note cas par cas F09323P0031 p. 22 ; avis de la DDTM 13 du 19 août 2026.
Voir le texte type
Je demande que soient versées au dossier et mises à la disposition du public, avant la clôture de la consultation et avec un délai suffisant pour les examiner : 1) le mémoire en réponse du pétitionnaire à l'avis de la MRAe du 1er septembre 2026 ; 2) ses réponses aux avis défavorables de la Métropole des 2 février, 31 mars et 15 avril 2026 et le plan de masse modifié ; 3) le rapport de suivi des eaux souterraines exigé par l'arrêté du 25 mars 2022 et une analyse des risques résiduels compatible avec des cuves enterrées et des fondations profondes ; 4) l'étude géotechnique citée par l'attestation du maître d'œuvre ; 5) les comptes certifiés et l'engagement de garantie de la maison-mère, ainsi que les garanties financières proposées ; 6) les termes essentiels du bail à construction du 29 juillet 2025 (durée, conditions suspensives, sort des constructions) et les actes transférant les obligations de remise en état issues de l'arrêté du 11 janvier 2021 ; 7) la convention ou proposition de raccordement électrique pour 29,5 MW ; 8) l'étude de trafic actualisée avec le plan de circulation du tramway ; 9) le permis d'aménager du lot Sud et ses études, pour l'évaluation du projet global ; 10) les pièces des modifications n°3 et n°4 du PLUi ayant porté la hauteur autorisée de 18 à 30 m sur ce secteur. À défaut, je demande que la consultation soit prolongée et que le commissaire enquêteur en tire les conséquences dans ses conclusions.
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Le projet contredit les orientations votées par la Métropole le 26 juin 2025, 12 MW maximum en tissu urbain dense, et la stratégie votée par la Ville le 20 octobre 2023
Délibération MétropoleÀ vérifier
Cinq mois avant le dépôt de la demande, le Conseil de la Métropole a adopté des « Orientations stratégiques territoriales pour un accueil vertueux des datacenters » (délibération IVIS-001-26/06/2025-CM, rapport n° 276, adoptée sans opposition, abstention du groupe Pour une Métropole du Bien Commun). Le document demande aux opérateurs d'intégrer ses critères « dès la phase de conception de leurs projets ». Il fixe qu'« en tissu urbain dense, et en particulier dans la zone littorale ayant déjà accueilli un nombre élevé de datacenters et faisant face à de forts enjeux de décarbonation des transports et activités portuaires, seuls les projets en dessous de 12 MW seront étudiés », et que les projets de plus de 25 MW seront orientés vers des sites dédiés. Saint-Louis : 20 MW informatiques, 29,5 MW raccordés, habitations à 10 m. Les autres critères ne sont pas davantage remplis : éviter la concurrence énergétique avec les transports publics et le port, là où la Métropole a elle-même rendu deux avis défavorables liés au tramway ; prise en compte de l'acceptabilité, des nuisances sonores et des risques, alors qu'aucune concertation préalable n'a eu lieu ; priorité aux « données ressources », à la souveraineté et à une réservation de stockage pour les acteurs locaux, alors qu'aucun client n'est nommé ; recrutement local, formations, clauses d'insertion et « contreparties, notamment financières » pour le territoire, alors que le dossier promet 30 emplois et aucune contrepartie envers la collectivité ; chaleur fatale vers les équipements alentour et énergies renouvelables couplées, alors que la chaleur n'a pas de preneur et que le photovoltaïque couvre moins de 1 % du besoin. Un seul critère est satisfait, la friche à dépolluer, à la condition posée par le même texte de ne pas se faire « au détriment d'activités génératrices d'emplois ». Le document reconnaît enfin que les outils du PLUi « restent limités par le rattachement des datacenters à la nomenclature entrepôt » : la Métropole sait qu'elle ne peut pas les refuser par le zonage, et c'est pourtant elle qui a ajouté sur ce site le vélum de 30 m qui rend le bâtiment possible. La Ville de Marseille, qui délivre le permis, s'était engagée plus tôt encore : sa délibération 23/0568/VAT du 20 octobre 2023, « stratégie municipale pour une implantation planifiée et régulée des câbles sous-marins et des data centers », crée « sans délai » une commission consultative devant laquelle « chaque porteur de projet de data center sera invité à le présenter », avec une grille d'analyse dont les références sont « une alimentation 100 % renouvelable et 40 % de récupération de chaleur fatale », la valorisation de cette chaleur « en lien avec des équipements publics (piscines, hôpitaux, logements) », l'adéquation des besoins électriques avec « les projets dont l'électrification est jugée prioritaire », l'emploi local, le plan d'affaires et les recettes fiscales. Elle y affirme que « la taille des projets qui verraient le jour à Marseille devra être désormais modeste », rappelle que le SCoT veut ces infrastructures « en dehors des centres urbains, sur des espaces à dominante industrielle », et prévient que si un projet « n'est pas exemplaire », « la Ville prendra toutes les mesures nécessaires ». Le projet Saint-Louis récupère 0 % de sa chaleur faute de preneur, produit moins de 1 % de son électricité, s'implante en tissu urbain, et l'adjoint à la culture déclarait en juin 2025 : « on ne bloquera pas le permis ».
À vérifier
Le projet a-t-il été examiné par l'« instance opérationnelle d'analyse des projets » que les orientations créent avec la préfecture, les communes et les aménageurs, et par la commission consultative de la Ville de Marseille issue de sa stratégie du 20 octobre 2023, réunie trois fois en préfecture en 2024 sur trois projets ? Avec quelle conclusion ?
À quel titre un projet de 20 MW en tissu urbain dense a-t-il franchi le seuil de 12 MW ? Le porteur a-t-il été « orienté vers les zones préférentielles » comme le prévoit le texte ?
La Métropole rendra-t-elle son avis sur la demande au regard de ses propres orientations, et avant la clôture du 24 novembre ?
Le porteur a-t-il transmis à la Ville « ses engagements » en réponse à la grille d'analyse de 2023, et la commission consultative a-t-elle rendu un avis ? Le maire du secteur, membre de droit de cette commission, y a-t-il siégé ?
Le Conseil de la Métropole Aix-Marseille-Provence a adopté le 26 juin 2025 des orientations stratégiques pour l'accueil des datacenters (délibération IVIS-001-26/06/2025-CM) selon lesquelles, « en tissu urbain dense, et en particulier dans la zone littorale ayant déjà accueilli un nombre élevé de datacenters », « seuls les projets en dessous de 12 MW seront étudiés », les projets de plus de 25 MW devant être orientés vers des sites dédiés. Le projet, de 20 MW informatiques et 29,5 MW raccordés, implanté à 10 m d'habitations dans le 15e arrondissement, contrevient à ce seuil ainsi qu'aux critères énergétiques, sociaux et d'acceptabilité du même document, adopté cinq mois avant le dépôt de la demande. La Ville de Marseille a de son côté adopté le 20 octobre 2023 (délibération 23/0568/VAT) une stratégie prévoyant que « la taille des projets qui verraient le jour à Marseille devra être désormais modeste », une commission consultative devant laquelle chaque porteur présente ses engagements, et une grille d'analyse prenant pour références « une alimentation 100 % renouvelable et 40 % de récupération de chaleur fatale » : le projet ne récupère aucune chaleur faute de preneur et produit moins de 1 % de son électricité. Je demande que la Métropole et la Ville indiquent si le projet a été examiné par l'instance d'analyse et par la commission consultative qu'elles ont créées, et qu'elles rendent chacune un avis motivé au regard de leurs propres critères avant la clôture de la consultation.
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Les deux tiers de l'alimentation électrique n'arriveraient pas avant fin 2030, et la DDTM s'interroge sur un « fonctionnement intensif des groupes électrogènes »
Avis DDTM 13À vérifier
Le dossier décrit un raccordement de 29,5 MW. La DDTM 13 apporte une information qui n'y figure pas : « il est à noter que le poste Enedis de La Calade, qui doit porter 20 des 29,5 MW de raccordement électrique, ne serait pas livré avant le 3e trimestre 2030. La date prévisionnelle de mise en service du datacentre n'étant pas indiquée au dossier, il convient de s'interroger sur le risque de fonctionnement intensif des groupes électrogènes en phase de démarrage. » Or le calendrier du dossier prévoit un chantier de 24 mois à compter du 4e trimestre 2026, et le porteur annonce à la presse une mise en service fin 2028 : entre l'achèvement du bâtiment et la livraison du poste source, il manquerait environ deux ans et les deux tiers de la puissance. Le dossier ne dit ni comment l'installation serait alimentée pendant cette période, ni combien des neuf salles seraient exploitées. La question n'est pas théorique : le site comporte 12 groupes électrogènes de 8,164 MW thermiques chacun, soit 98 MW, et 500 m³ de fioul ou de HVO enterrés, présentés comme des moyens de secours dont l'usage serait limité aux essais et aux coupures du réseau. Un fonctionnement prolongé changerait la nature de l'installation pour les riverains — bruit, oxydes d'azote, particules —, alors que l'ARS juge déjà l'état des milieux « incompatible avec les usages actuels » et que le dossier ne prévoit aucun traitement des NOx (« SCR : NON », PJ104). La DDTM ajoute que le raccordement lui-même « fait partie du projet au sens de l'évaluation environnementale », contrairement à l'étude d'impact qui indique page 157 que les travaux de création de la deuxième liaison haute tension de 20 MW n'y sont pas soumis : leurs incidences « doivent être cumulées à celles du projet proprement dit ».
À vérifier
Quelle est la date prévisionnelle de mise en service ? Elle est absente du dossier, ce que la DDTM relève.
Quelle puissance sera réellement disponible à l'achèvement des travaux, par quel poste source, et jusqu'à quand ?
Combien de salles informatiques seraient exploitées avant la livraison du poste de La Calade, et avec quelle source d'électricité ?
Les groupes électrogènes peuvent-ils être utilisés en dehors des essais et des coupures ? Quelles heures de fonctionnement et quelles valeurs limites d'émission l'arrêté préfectoral fixera-t-il, sachant que l'installation relève de la rubrique IED 3110 ?
Enedis confirme-t-il le calendrier du poste de La Calade, et la disponibilité des 9,5 MW restants d'ici là ?
Le tracé et les travaux de la deuxième liaison haute tension seront-ils intégrés à l'évaluation environnementale, comme le demande la DDTM ?
Sources : avis de la DDTM 13 du 19 août 2026, p. 7 ; étude d'impact PJ04 p. 157 ; dossier énergie PJ104 (puissances, « SCR : NON ») ; description des installations PJ46 ; avis Enedis (dossier PCVD) ; avis MRAe p. 7 (délai d'exécution de 24 mois, démarrage au 4e trimestre 2026) ; ICI Provence et France 3, 2 septembre 2026 (mise en service annoncée fin 2028).
Voir le texte type
Dans son avis du 19 août 2026 adressé à la DREAL, la direction départementale des territoires et de la mer des Bouches-du-Rhône indique que « le poste Enedis de La Calade, qui doit porter 20 des 29,5 MW de raccordement électrique, ne serait pas livré avant le 3e trimestre 2030 », alors que les travaux du datacenter, prévus sur 24 mois à compter du 4e trimestre 2026, doivent s'achever fin 2028. Le dossier n'indique ni la date de mise en service, ni la manière dont l'installation serait alimentée dans l'intervalle, ce qui conduit ce service de l'État à s'interroger sur « le risque de fonctionnement intensif des groupes électrogènes en phase de démarrage » — 12 groupes de 8,164 MW thermiques et 500 m³ de carburant enterrés, dans un quartier d'habitation où l'ARS juge l'état des milieux déjà incompatible avec les usages. Je demande que le pétitionnaire précise la date de mise en service, la puissance électrique réellement disponible avant 2030 et le nombre de salles exploitées d'ici là ; que l'arrêté encadre strictement l'usage des groupes électrogènes (heures de fonctionnement, valeurs limites d'émission, interdiction de tout usage de production) ; et que les travaux de raccordement, qui font partie du projet au sens de l'évaluation environnementale, soient intégrés à l'étude d'impact.
Vous avez repéré un autre point ? Une page qui se contredit, un chiffre qui ne colle pas, une servitude oubliée : commentez le point le plus proche ci-dessus, ou envoyez la référence (pièce, page, citation) à contact@urgence-marseille.fr. Les points vérifiés collectivement sont ajoutés ici avec leur source.
Le texte ci-dessous se construit à partir des points cochés (0 point sélectionné). Reformulez-le avec vos mots et ajoutez votre situation : le commissaire enquêteur analyse les arguments, et des observations identiques comptent moins qu'une observation personnelle. Vous pouvez aussi ne garder qu'un ou deux points qui vous concernent directement.
Sur le registre : cliquez « Déposer son observation », collez le texte, indiquez vos nom et adresse (ils peuvent rester non publiés). L'adresse e-mail du registre est datacenter-studios-marseille@mail.registre-numerique.fr ; les messageries limitent parfois la longueur d'un lien « mailto », préférez le copier-coller si le message arrive tronqué. Vous pouvez joindre des pièces (photos, mesures, courriers).
Par courrier à l'attention du commissaire enquêteur : mairie des 15e et 16e arrondissements, 246 rue de Lyon, 13015 Marseille, ou Direction générale adjointe « Ville de demain », 40 rue Fauchier, 13233 Marseille Cedex 20.
En personne, lors des permanences (voir l'agenda) et aux réunions publiques.
Ce qui pèse dans un rapport de commissaire enquêteur
Des faits sourcés : citez la pièce et la page (« étude d'impact, p. 143 »), reprenez les avis officiels.
Votre situation concrète : distance au site, enfants scolarisés, exposition au bruit ou à la pollution, usage du parc et du ruisseau.
Des demandes précises : compléter le dossier, prescrire une mesure dans l'arrêté, refuser en l'état, prolonger la consultation.
Une observation par personne, plutôt qu'une pétition : chaque dépôt est compté et analysé.
Le dossier papier est consultable à la mairie des 15e-16e et à la préfecture (sur rendez-vous au 04 84 35 42 64), et sur le site de la préfecture.
Contacts indiqués dans l'avis officiel pour toute information sur le projet : Mme Salma Ammor, ingénieure environnement, APL Data Center (salma.ammor@apl-datacenter.com, 07 67 72 86 55) et M. Guillaume Zaimeche, directeur de projets régionaux, Edged Energy (guillaume.zaimeche@edgedenergy.com, 06 99 60 96 13).
Les documents du dossier
Les 125 pièces mises en ligne sur le registre numérique ont été archivées le 2 septembre 2026 sur le serveur du collectif Citoyen·ne·s de Marseille (les registres disparaissent à la clôture). Chaque lien ci-dessous ouvre directement le PDF. Le registre officiel reste la référence en cas de mise à jour du dossier.
Avis officiels et avis de consultation
Document
Date
Pages
Taille
Dossier de demande d'autorisation environnementale (DDAE)
N°
Pièce
Pages
Taille
L'étude d'impact (PJ04, 738 pages) contient en annexes l'étude acoustique, le volet sanitaire, l'étude de trafic, le bilan GES, la note chaleur fatale (annexe 6) et le volet naturel (annexe 9, à partir de la p. 551). Le rapport de base (PJ61) décrit l'état des sols et de la nappe.
Permis de construire valant division (PCVD)
103 pièces : 47 pour le datacenter (plans, notice architecturale, conformité PLUi, étude d'impact commune), 44 pour les studios, 12 avis de services consultés sur le permis. Ouvrez le dossier correspondant ci-dessus pour la liste complète ; les avis les plus utiles sont repris ici.
Euroméditerranée, le port et les datacenters de Marseille
Euroméditerranée est l'opération d'intérêt national de rénovation urbaine lancée en 1995 sur 310 hectares (Joliette, Arenc, Saint-Charles), étendue en 2007 vers le nord par « Euromed 2 » sur 170 hectares (Cap Pinède, Les Crottes, ruisseau des Aygalades). D'après le tracé reproduit ci-dessous, l'ancienne sucrerie Saint-Louis se situe environ 1 km au nord de la limite d'Euromed 2 : le site relève de l'OAP MRS-17 « Saint-Louis » du PLUi (résumé ci-dessous), pas du périmètre de l'opération. Il est en revanche au cœur de la façade nord où se concentrent les datacenters : ceux de Digital Realty dans l'enceinte du port sont à 1,4 km, Free Pro et Telehouse à Saint-Henri à 3 km, le projet Segro à Saint-André à 2,5 km.
Ce que prévoit l'OAP MRS-17 « Saint-Louis » pour le site (orientation d'aménagement et de programmation du PLUi, version issue de la modification n°4 du 6 octobre 2025, extrait de 8 pages). L'OAP couvre le noyau villageois de Saint-Louis et le nord de la Cabucelle, « centralité communautaire » du PADD, en quatre sites. Le site 4, ajouté par la modification n°3 après l'enquête publique de 2023, est la sucrerie : objectif « favoriser la diversification économique du site Saint-Louis Sucre », avec un pôle de vie « sur le futur site Provence Studios » (environ 2 000 m² d'hébergement hôtelier et touristique, 4 000 m² de commerces et services) et un second pôle de vie sur la partie sud (2 500 à 3 000 m² de commerce de gros lié au BTP, 1 000 m² de commerce ou restauration). Le document nomme Provence Studios ; il ne mentionne ni datacenter, ni hauteur : le plafond de 30 m relève du seul règlement graphique.
Trois orientations concernent directement le projet : la prise en compte de la Galerie de la Mer, à laquelle « une servitude d'inconstructibilité est attachée » ; « à long terme, en cas de mutation des terrains », une nouvelle liaison par les terrains de Saint Louis Sucre vers le boulevard Lavoisier, que la Métropole exige aujourd'hui dans l'emprise du permis ; la mise en valeur du ruisseau des Aygalades avec un cheminement piéton de la Cité des arts de la rue jusqu'au parc Billoux. Les principes de composition urbaine (alignements sur la rue de Lyon, façades continues, cours intérieures) visent les sites 1 à 3 ; le site 4 n'en reçoit aucun.
Source : PLUi Marseille Provence, pièce J13-3 « OAP de Marseille », p. 45 à 52 ; rapport de présentation de la modification n°3 (H11) p. 258 et 370-371 pour l'ajout du site 4.
Euroméditerranée (1995, 310 ha)
Euroméditerranée 2 (2007, 170 ha)
Datacenter Saint-Louis (ce projet)
Datacenter en service
En construction
En projet ou en instruction (position approximative)
Périmètres : tracé indicatif d'après une carte uMap (2015, contributeurs OpenStreetMap), à confirmer sur les plans de l'établissement public Euroméditerranée. Datacenters existants : positions OpenStreetMap ; projets : quartier ou commune, position approximative.
Les datacenters existants et en projet
Marseille est devenue l'un des grands carrefours mondiaux d'internet : 16 câbles sous-marins y aboutissent et la ville se présente comme le 6e ou 7e « hub » mondial. Le collectif Le nuage était sous nos pieds compte quatre datacenters en activité, un en construction et plusieurs projets, dont celui de Saint-Louis. L'enquête de La Quadrature du Net (janvier 2025) chiffre les sites existants à environ 77 MW et les sites planifiés à 107 MW supplémentaires. Un moratoire a été demandé par l'adjoint à la transition écologique de la Ville dès août 2023, puis par des élus, France Nature Environnement, Technopolice et des CIQ du 16e en septembre 2024.
Le cinquième datacenter de Digital Realty se construit dans l'enceinte du port, sur l'ancien silo à sucre de la même société Saint-Louis. Même ordre de grandeur que le projet de la rue de Lyon, mais presque tout diffère.
MRS5, Digital Realty
Saint-Louis, Edged
Emplacement
Enceinte portuaire, entre les portes 3 et 4, 2e arrondissement
Rue de Lyon, 15e, quartier d'habitat
Habitations les plus proches
136 m
10 m
Foncier
Domaine public portuaire, convention d'occupation temporaire attribuée sur appel à manifestation d'intérêt, redevance au Grand Port
Terrain privé, bail à construction consenti par une SAS au capital de 3 000 €, loyer privé
Combustion de secours
103,18 MW, 14 groupes, 525 m³ en 7 cuves de 75 m³
98 MW, 12 groupes, 500 m³ en 5 cuves de 100 m³
Refroidissement
« River cooling » sur la galerie de la mine pour la moitié de l'énergie frigorifique, groupes froids pour l'autre moitié, autorisation loi sur l'eau
Boucle sèche sans eau, 14,4 t de R-1234ze
Chaleur fatale
Réutilisation prévue vers les installations du port ou le réseau de chaleur Massileo, auquel MRS2, MRS3 et MRS4 sont déjà raccordés
Promise aux studios voisins, sans réseau ni preneur identifié
Hauteur autorisée
22 m de façade en zone portuaire UEsP1
18 m en UEa2 et UEb2, plus un vélum de 30 m ajouté après l'enquête du PLUi
Exploitant
Digital Realty, quatre sites déjà exploités à Marseille et une sous-station électrique propre
Edged, aucun datacenter en France, société de projet créée en juillet 2025
La procédure, principale différence
MRS5 a suivi l'ordre classique : dossier déposé le 11 octobre 2023, avis de la MRAe le 4 avril 2024, mémoire en réponse du pétitionnaire dès avril, puis enquête publique unique du 26 août au 27 septembre 2024, 33 jours sur un dossier de 2 653 pages. Le public a lu l'avis de l'autorité environnementale et la réponse du porteur avant de s'exprimer. Saint-Louis relève de la procédure parallélisée de la loi industrie verte : consultation ouverte le 24 août 2026, avis de la MRAe le 1er septembre, mémoire en réponse encore absent du registre au début de septembre. La contrepartie est une durée plus longue, trois mois au lieu d'un.
Le retour pour le territoire n'est pas de même nature. À MRS5 il est public et contractuel, redevance versée au port et raccordement à un réseau de chaleur existant. À Saint-Louis il est privé et verbal, un loyer versé à une société détenue par trois particuliers et une cité du cinéma qu'aucun acte n'oblige à financer (voir le dossier « Pour mieux comprendre »).
Le calendrier politique diffère aussi. MRS5 a été déposé en octobre 2023, la semaine où la Ville votait sa stratégie de régulation, et bien avant les orientations de la Métropole de juin 2025. Saint-Louis a été déposé cinq mois après ces orientations, qui limitent à 12 MW les projets en tissu urbain dense (voir le point 19).
Ce que MRS5 apprend sur l'issue possible. Malgré une majorité d'avis défavorables, vingt-neuf avis clairement négatifs et cinq demandes de report ou de moratoire sur cent vingt observations, le commissaire enquêteur a rendu un avis favorable. Les soutiens écrits venaient du Campus Cyber Région Sud, des Eaux de Marseille, de la chambre de commerce et d'un opérateur cloud ; l'opposition, du collectif Le nuage était sous nos pieds et de France Nature Environnement.
Fait Deux points où Saint-Louis fait mieux : aucun prélèvement d'eau, et trois mois de consultation au lieu d'un. Deux points où il fait nettement moins bien : la proximité des habitations et l'absence de tout débouché pour la chaleur.
Sources : avis de la MRAe du 4 avril 2024 sur MRS5 (n° 2024APPACA16/3633 : périmètre, river cooling, Massileo, 103,18 MW, 7 cuves, PLUi UEsP1) ; rapport du commissaire enquêteur (dossier E24000049/13, enquête du 26 août au 27 septembre 2024 : habitations à 136 m, convention d'occupation temporaire du GPMM, décompte des observations) ; pour Saint-Louis, description des installations PJ46, étude de dangers PJ49 et avis MRAe du 1er septembre 2026.
Qui porte le projet ?
ESL Properties, le pétitionnaire
SAS à associé unique créée le 7 juillet 2025, siège 3 boulevard de Sébastopol, Paris 1er ; activité déclarée « location de terrains et d'autres biens immobiliers » ; président Måns Jakob Carnemark.
« Société de projet, créée pour le projet de Marseille », filiale d'Edged Energy (PJ47 p. 4). Ses capacités financières sont celles, « pro forma », de sa maison-mère (voir point 17).
N'est pas propriétaire : preneur d'un bail à construction du 29 juillet 2025 sur 17 086 m², sous conditions suspensives liées aux autorisations, avec engagement de construire environ 22 500 m² de surface de plancher (PJ03).
Edged Energy et Endeavour
Edged Energy : fondée en 2019 aux États-Unis, filiale d'Endeavour, groupe créé par Jakob Carnemark (ancien fondateur d'Aligned Energy). Le dossier décrit Endeavour comme une « société de fiducie à but non lucratif » qui « recycle son capital » (PJ47 p. 4).
Sites en service ou en chantier : Barcelone, Madrid, Bilbao (avec la foncière Merlin Properties), Lisbonne, Atlanta, Aurora (Chicago), Phoenix, Kansas City… Projets européens cités : Lisbonne 150 MW, Paris 100 MW, Berlin 80 MW, « région de Provence 20 MW » (PJ47). État vérifié site par site dans l'encart « Ce qu'Edged fait ailleurs ».
Promesse commerciale : refroidissement « sans eau » ThermalWorks et PUE garanti de 1,15. Le dossier prévoit 650 m³ d'eau par an pour le datacenter, sanitaires et humidification de l'air, hors eau d'incendie ; le refroidissement lui-même est une boucle fermée d'eau glycolée.
« Ne possède aucun datacenter en France » (étude de dangers p. 36) : aucune expérience d'exploitation d'une installation classée française.
Foncière Saint-Louis, le propriétaire
SAS créée le 19 février 2024, siège 7 boulevard Maritime à Martigues, promotion immobilière ; président Michaël Simoncini.
A acheté le lot Nord du 262 au 336 rue de Lyon (48 831 m²) à BF3 Marseille Saint-Louis, société de projet du fonds Brownfields, par acte du 31 mars 2025 à un prix non publié (attestation Norton Rose Fulbright, PJ03 ; absent des valeurs foncières 2025).
Porteuse du permis de construire valant division (déposé le 8 août 2025) et des Studios de la Méditerranée ; bailleur d'ESL Properties.
Autour du dossier
Études réglementaires : Ginger Burgeap (Aix-en-Provence, Lognes, Strasbourg) ; volet naturel : EODD et Ecotonia ; trafic : Iter (Toulouse).
Ingénierie et contact technique : APL Data Center (Mme Salma Ammor) ; directeur de projets Edged : M. Guillaume Zaimeche.
Chiffres donnés à la presse : 300 M€ d'investissement, travaux à partir du printemps 2027, mise en service fin 2028 (ICI Provence, 2 sept. 2026). Le dossier annonçait un début des travaux en octobre 2026.
Emplois annoncés : 30 personnes sur site (note non technique p. 6).
Ce qu'Edged fait ailleurs
En Espagne et au Portugal, Edged ne porte pas l'immobilier. La foncière cotée Merlin Properties (IBEX 35) finance et possède les bâtiments, l'exploitation revient à une coentreprise « MERLIN Edged » ; Merlin a levé 920 M€ en juillet 2024 pour ce seul métier. Tous les sites sont dans des parcs logistiques ou industriels et sont loués par blocs de 15 à 18 MW à un seul client du cloud d'intelligence artificielle. À Marseille, le foncier est porté par une SAS au capital de 3 000 € via un bail à construction, le pétitionnaire est une SAS créée en juillet 2025, et le site est bordé d'habitations.
Site
Puissance
État au 6 septembre 2026
Secours électrique, particularités
Madrid-Getafe MG1, parc industriel Los Ángeles
20 MW, 23 000 m², 3 niveaux
En service depuis 2023, entièrement loué
Batteries de 40 MWh sur site, groupes prêts au HVO. C'est le jumeau de Saint-Louis par la taille.
Madrid-Getafe MG2
48 MW
En construction
Nebius a signé 18 MW le 2 septembre 2026
Barcelone, Zona Franca
15 MW
Inauguré le 13 mai 2025
CoreWeave loue 68 % de la capacité, 10 224 GPU, loyer de 23 M€ par an
Bilbao-Arasur, plateforme logistique de Rivabellosa
22 à 48 MW par bâtiment, 300 MW à terme
Premier bâtiment inauguré en décembre 2024, deuxième en chantier
Contrat de 45 ans, parc solaire Iberdrola prévu pour 2027, groupes N+1
Lisbonne, plateforme logistique de Castanheira do Ribatejo
180 MW, 5 bâtiments
Chantier ouvert en octobre 2024, premier bâtiment en 2027
Secours au gaz naturel, pas au fioul
Estrémadure, Navalmoral de la Mata et Valdecaballeros
1 GW chacun, 20 Md€ sur dix ans
Navalmoral : autorisation environnementale à l'instruction, chantier annoncé pour l'automne 2026
104 groupes diesel et 5 968 m³ de gasoil en première phase ; recours en justice, voir ci-dessous
États-Unis : Aurora (Chicago), Dallas, Columbus, Phoenix, Kansas City, Des Moines, Atlanta, Council Bluffs
13 à 200 MW par campus
Cinq campus ouverts entre janvier 2025 et avril 2026
Près de 2 Md$ levés en 2026, dont 1,3 Md$ d'obligations en avril, Crédit Agricole CIB parmi les prêteurs
Le précédent d'Estrémadure : le même dossier, en plus grand
À Navalmoral de la Mata (Cáceres), Merlin Edged instruit depuis le 22 mai 2026 une autorisation environnementale intégrée avec étude d'impact pour la première phase d'un campus d'1 GW : deux bâtiments sur 20,7 ha du parc industriel Expacio Navalmoral, 288 MW de demande électrique, 104 groupes électrogènes diesel, 48 cuves de 120 m³ soit 5 968 m³ de gasoil, 144 unités de refroidissement en toiture, plus de 1,6 Md€ d'investissement et 250 emplois annoncés. Le 12 mai 2026, le gouvernement régional l'a déclaré « projet d'intérêt autonomique » (décret 92/2026), un statut qui divise par deux les délais d'instruction et peut remplacer les licences d'urbanisme par une simple consultation.
6 juillet 2026 : l'association ADENEX juge l'évaluation environnementale incomplète. Le projet affiche une consommation d'eau « nulle » alors que le dossier prévoit de l'eau pour les sanitaires et l'humidification des salles ; la parcelle est traversée par le ruisseau de Domblasco ; l'étude acoustique est « préliminaire » ; aucune évaluation de la chaleur résiduelle malgré la proximité de la ville ; l'analyse quantitative des risques admet que certains scénarios d'accident liés aux camions-citernes et au dépotage « pourraient dépasser les limites de l'enceinte ».
7 août 2026 : le Tribunal supérieur de justice d'Estrémadure admet le recours d'Ecologistas en Acción contre le décret 92/2026. L'association soutient que l'instruction accélérée est incompatible avec l'analyse environnementale qu'exige un projet de cette taille, et cite l'eau, le bruit, la chaleur résiduelle et « les risques liés au stockage massif de gasoil ».
10 août 2026 : Merlin maintient un démarrage des travaux à l'automne, sous réserve de la licence de construction « conditionnée à la résolution des dernières allégations environnementales » ; première tranche de 20 MW informatiques pour 29 MW raccordés, 400 M€.
Ce que cela change pour Saint-Louis. Les griefs espagnols sont, presque mot pour mot, les points 3, 5, 13 et 14 de cette page : eau annoncée nulle mais consommée, bruit sous-évalué, chaleur fatale sans preneur, gasoil enterré. Ils montrent aussi qu'Edged sait faire autrement : 40 MWh de batteries à Getafe, du gaz à Lisbonne. La question à poser est donc simple : pourquoi douze groupes au fioul et 500 m³ enterrés à 200 m des habitations, quand le même exploitant retient d'autres solutions ailleurs ? Et l'étude de dangers a-t-elle examiné, comme en Espagne, les scénarios de dépotage des camions-citernes ?
D'où vient le terrain : de Saint Louis Sucre au datacenter en trois ventes
Saint Louis Sucre (groupe Südzucker) arrête la raffinerie en 2015 et dépose une cessation partielle d'activité en novembre 2019 ; un arrêté préfectoral du 11 janvier 2021 fixe les prescriptions de remise en état. Le fonds Brownfields, spécialiste des friches industrielles (250 M€ levés en 2018 auprès de la Banque européenne d'investissement, de la Caisse des dépôts et de banques), reprend ces obligations comme « tiers demandeur » et achète les 10,4 hectares le 29 avril 2022 pour 1,7 M€, soit 16 € le m², via sa société de projet BF3 Marseille Saint-Louis (SAS créée en décembre 2020, présidée par Brownfields Gestion). Son plan de gestion de 2021 ne prévoit d'excaver que 160 m³ de terres polluées, pour 55 000 à 66 000 €, et l'analyse des risques résiduels ne valide qu'un usage tertiaire et logistique de plain-pied, sans sous-sol. En janvier 2023, la DREAL dispense d'étude d'impact un projet d'hôtel logistique urbain de 36 200 m² et d'activités PME : ni studios ni datacenter n'y figurent.
Le scénario change ensuite. En mai 2023, les « Studios de la Méditerranée » sont annoncés lauréats de France 2030 (environ 27 M€ selon la presse, montant jamais officialisé, pour un projet de studios chiffré à 90 M€). En juin 2023, Brownfields signe une promesse de vente au profit de Provence Studios, la société d'exploitation des studios de Martigues ; en octobre 2023, le plan présenté au public réserve 4,5 ha au cinéma et le reste à un centre de tri postal, sans aucun datacenter. L'acquéreur final, le 31 mars 2025, n'est pourtant pas Provence Studios mais la Foncière Saint-Louis, société créée en février 2024, après la promesse : le terrain est passé de la société d'exploitation vers une foncière patrimoniale. Cette substitution d'acquéreur est une faculté ordinaire des promesses de vente ; ce qui mérite explication, c'est le choix de structuration qu'elle révèle. Division du terrain en deux lots en avril 2025, vente du lot Nord (48 831 m²) le 31 mars 2025 à un prix non publié, bail à construction au datacenter le 29 juillet 2025. Brownfields conserve le lot Sud (59 283 m²) pour son « EcoParc des Aygalades » sous permis d'aménager : hôtel d'activités de 15 000 m², bureaux de 4 500 m², formation BTP de 1 500 m², sucre liquide maintenu, un hectare renaturé. C'est précisément la « partie sud » dont la MRAe reproche au dossier de ne rien dire. La démolition de l'usine s'est achevée en octobre 2025 (251 tonnes de terres polluées évacuées, 9 000 tonnes de gravats recyclés, cheminée abattue). Un terrain payé 16 € le m² en 2022 porte donc, trois ans plus tard, un projet annoncé à 300 M€, sans que la plus-value ni les conditions de la revente ne soient connues du public.
Le montage financier, tel qu'il ressort des actes publics
Ce qui suit repose sur des actes déposés au greffe du tribunal de commerce, des annonces au BODACC, le dossier de consultation et la presse. Aucun des montages décrits n'est illégal : sociétés de projet, holdings, baux à construction et actions de préférence sont des outils juridiques ordinaires, et la procédure des avantages particuliers a été respectée. L'objet est de confronter le discours public (« le datacenter vient en soutien financier à la cité du cinéma », Provence Studios en réunion publique le 3 septembre 2026) à la réalité documentée des structures. Les personnes citées le sont au titre de leurs mandats sociaux publics.
Foncière Saint-Louis, SAS créée le 19 février 2024 au capital de 3 000 € (300 actions), souscrites par quatre holdings : Lepore & Co (Michaël Simoncini) 99 actions, SCI FRB (famille Bouzid, siège 259 av. de Saint-Louis, 13015) 99, Eden Company (Olivier Marchetti) 87, Delta Entreprises (famille Marchetti, Corse) 15. La holding Les Ajoncs (Jean-Marc Kerrias, promoteur et concessionnaire de la Côte Bleue) y apparaît en 2025. Le 19 mars 2025, Olivier Marchetti démissionne de la présidence, le comité de surveillance est supprimé, Michaël Simoncini devient président. [liste des souscripteurs et procès-verbaux d'assemblée, greffe d'Aix-en-Provence]
Actions de préférence. Le 5 août 2025, l'assemblée générale extraordinaire convertit 60 des 300 actions (20 % du capital) en actions de préférence de catégorie B « au profit de la société NRF », holding présidée par Nader Bouzid (directeur général de la société Studios de la Méditerranée). Les statuts refondus stipulent que les titulaires de ces actions « auront droit à quarante-cinq (45 %) du Montant Distribué » (dividendes, réserves, primes) et à 45 % du boni de liquidation, les actions ordinaires se partageant les 55 % restants ; l'avantage s'éteint « en cas de transfert de la pleine propriété des actions », et le titulaire n'a pas pris part au vote. Le commissaire aux avantages particuliers a rendu un rapport sans observation le 22 juillet 2025. [procès-verbal du 5/08/2025, résolutions 1 et 2 ; statuts, art. 14.3 et 14.4 ; rapport Armingol du 22/07/2025 ; actes déposés au greffe le 11/08/2025, vérifiés sur le texte intégral]
Studios de la Méditerranée, SAS créée le 8 mars 2024 au capital de 3 000 € à Martigues, détenue à parts égales par Lepore & Co (Simoncini), Eden Company (Marchetti) et Nader Bouzid en son nom, 100 actions chacun : président Olivier Marchetti, directeurs généraux Michaël Simoncini et Nader Bouzid ; premier exercice prolongé jusqu'au 31 décembre 2025, donc aucun compte au moment du dépôt de la demande. C'est la structure porteuse du projet lauréat France 2030 ; l'exploitante historique reste Provence Studios (chiffre d'affaires 2024 de 2,5 M€, en recul), et sa foncière Technopolis a vendu son site de Marignane 5,3 M€ en octobre 2023. [RCS, BODACC, comptes déposés, DVF]
Le canal du « soutien financier » est un bail à construction. ESL Properties est preneur, la Foncière Saint-Louis bailleur (PJ03). Ce contrat dure de 18 à 99 ans ; le preneur construit et possède le bâtiment pendant le bail, puis les constructions reviennent au bailleur à l'échéance (code de la construction, art. L.251-1 et suivants). Concrètement, le soutien au cinéma prend la forme d'un loyer versé par la filiale d'un groupe américain à une SAS au capital de 3 000 €, dont 45 % des distributions sont réservés, par actions de préférence, à une holding personnelle. Aucune convention, clause de phasage, engagement de réaliser les studios ni affectation du loyer au cinéma ne figure dans le dossier de consultation. [dossier ICPE, par absence]
Ce que le public ne connaît pas : le prix de la vente du 31 mars 2025 (absent des valeurs foncières 2025), la durée et le loyer du bail, la table de capital actuelle de la Foncière, le montant exact et les conditions de l'aide France 2030. Ces éléments font l'objet de la liste de questions et documents à demander.
Un datacenter n'est pas un entrepôt de serveurs inerte : c'est une centrale électrique de secours, un stock de carburant, des tonnes de fluide frigorigène et des batteries, en fonctionnement continu. Ce que le dossier en dit, et ce qu'il n'en dit pas.
Fuite de fluide frigorigène
14 400 kg de R-1234ze et 140 kg de R32 dans les 16 groupes froids en toiture. Le R-1234ze est classé A2L (légèrement inflammable) ; l'étude de dangers écrit que « le principal danger lié à l'utilisation de ce gaz est le caractère explosif » et qu'à haute température il se décompose « en produits toxiques et corrosifs : fluorure d'hydrogène et hydrocarbures fluorés » (PJ49 p. 49-50). En fonctionnement normal, les micro-fuites rejettent un PFAS qui se dégrade en HFC-23 et en acide trifluoroacétique (avis MRAe p. 13-14). Le dossier ne donne ni taux de fuite ni dispositif de détection. Précédent local : l'enquête de La Quadrature du Net relève 745 kg de R-134a rechargés à MRS3 depuis 2021 et des fuites non déclarées à MRS2.
Voir le point 4. Sources : étude d'impact p. 143 ; PJ49 p. 49-50 ; MRAe p. 13-14 ; La Quadrature du Net, janv. 2025.
Incendie
L'étude de dangers retient quatre scénarios : incendie de batteries, feu de nappe de carburant à un groupe électrogène, incendie au poste de dépotage, départ de feu dans une salle informatique, et conclut qu'« aucun effet… ne sort des limites de propriété ». Mais elle annonce six phénomènes page 13 et quatre page 76 ; faute de données sur les batteries nickel-zinc, elle les « assimile » à des batteries lithium-ion dont la composition est « issue d'une recherche internet » (p. 49). Son accidentologie cite, sans le nommer, l'incendie d'OVHcloud à Strasbourg le 10 mars 2021 (base ARIA n° 56904) : parti d'un local onduleurs, il a détruit tout un bâtiment, mis 3,6 millions de sites hors ligne et repris neuf jours plus tard dans un conteneur de 300 batteries. Sur le site : 500 m³ de carburant enterrés, 24 m³ en réservoirs journaliers dans le bâtiment, 556 m³ d'eaux d'extinction à confiner, des groupes froids dont la combustion libère du fluorure d'hydrogène. Les habitations les plus proches sont à 10 m.
Sources : PJ49 p. 13, 36-38, 49-50, 76 ; note non technique p. 9 et 12 ; fiche ARIA 56904 ; avis du bataillon de marins-pompiers dans le dossier PCVD.
Groupes électrogènes et qualité de l'air
Douze moteurs diesel de 8,164 MW (98 MW au total), sans traitement des oxydes d'azote, testés chaque mois, capables de tourner 48 heures sur les réserves en cas de coupure. Les fumées (NOx à 3 430 mg/Nm³, particules) sortent par douze cheminées de 43 m à 240 m des écoles de la Visitation. L'ARS n'a pas pu quantifier le risque chronique faute de valeurs de référence et juge l'état des milieux déjà incompatible avec les usages.
Voir les points 2, 6 et 7.
Bruit continu
Groupes froids, extractions d'air et groupes électrogènes fonctionnent jour et nuit. L'étude acoustique du dossier prévoit des dépassements dans plusieurs modes, jusqu'à +27 dB(A) la nuit en limite de propriété en mode secours. Les nuits de canicule, le refroidissement sec tourne au maximum, ventilateurs de toiture compris, fenêtres ouvertes dans le quartier.
Voir le point 5.
Électricité, eau, sols
Raccordement de 29,5 MW pour un besoin de 159 GWh par an, soit la consommation d'environ 30 000 foyers selon le collectif Le nuage était sous nos pieds ; le photovoltaïque prévu en couvrirait moins de 1 %. Le choix du refroidissement « sans eau » ne réduit pas cette électricité, il la concentre sur les jours de canicule, quand le réseau régional est lui-même en pointe (voir le point 12). Le réseau marseillais est déjà contraint : Digital Realty a dû déplacer son sixième site à Bouc-Bel-Air. Eau : refroidissement en boucle fermée, 650 m³ par an de sanitaires et d'humidification, et un réseau incendie de 180 m³/h à raccorder au réseau public ; les 8 600 m³ par an de l'étude d'impact sont ceux des studios. Sols : cuves enterrées et aire de dépotage sur une friche polluée à moins de 10 m du ruisseau des Aygalades, avec un suivi de nappe « non communiqué ».
Voir les points 12, 14 et 15. Sources : étude d'impact p. 138, 154, 278 ; rapport de base p. 20 ; ICI Provence 16 sept. 2024 et 2 sept. 2026.
Foncier et emplois
17 000 m² de foncier industriel bien desservi pour 30 emplois. À emprise égale, « une boîte de logistique emploie 300 à 400 personnes contre 15 à 20 pour un datacenter » (collectif, France 3, sept. 2026). L'adjoint à la transition écologique de la Ville qualifiait en 2023 ces fermes de données d'« énergivores et peu pourvoyeuses d'emplois ».
Sources : note non technique p. 6 ; France 3 Provence-Alpes, 2 sept. 2026 ; Next, sept. 2023.
Risques économiques et financiers en situation de crise
Le dossier est écrit pour un monde où la demande de calcul double chaque année, l'électricité reste abondante et bon marché, et l'exploitant ne fait jamais défaut. Que se passe-t-il si l'un de ces trois paris échoue ? Les éléments ci-dessous sont des faits du dossier et des sources publiques ; les conséquences sont formulées comme des questions à poser au commissaire enquêteur et au préfet.
Une société de projet sans comptes, des projections en guise de garantie
ESL Properties a un an d'existence et aucun compte publié. Ses « capacités financières » sont un tableau pro forma de sa maison-mère qui suppose un chiffre d'affaires multiplié par 25 et des actifs multipliés par 25 entre 2023 et 2026 (PJ47 p. 6). Aucune caution de la maison-mère, aucune assurance, aucune garantie financière de remise en état ne figure au dossier. Le terrain n'est pas à elle. Si la société de projet est liquidée après la construction, les 500 m³ de cuves, les 14 tonnes de fluide et la dépollution du site restent à la charge de qui ?
Voir le point 17. Le code de l'environnement permet au préfet d'imposer des garanties financières (art. L.516-1, R.516-1 et suivants) : leur applicabilité à cette installation est à vérifier.
Un pari sur la bulle de l'intelligence artificielle
300 M€ d'investissement pour 30 emplois, soit 10 M€ par poste, financés par la promesse d'une « croissance à l'échelle du gigawatt » pour des « hyperscalers » que le dossier ne nomme pas. Si la demande se retourne, le quartier hérite d'un bâtiment de 33 m de haut mono-usage, difficile à reconvertir, ou d'un chantier arrêté sur une friche déjà polluée. Les studios de la Méditerranée, portés par le même permis et la même étude d'impact, sont-ils viables sans le datacenter, et le datacenter sans la chaleur qu'il promet aux studios ?
Sources : PJ47 p. 4 ; note non technique p. 5-7 ; ICI Provence, 2 sept. 2026.
Crise énergétique : qui a la priorité sur le réseau ?
29,5 MW réservés sur un réseau que RTE et Enedis jugent déjà contraint dans les quartiers nord, alors que le port doit électrifier ses quais, que le tramway s'étend et que les logements s'électrifient. En cas de délestage hivernal, les datacenters basculent sur leurs groupes diesel : douze moteurs de 8 MW tournant en plein épisode de pollution, à 240 m d'écoles. En cas de flambée durable des prix, l'exploitant peut réduire ou fermer ; les riverains ne peuvent pas déménager. À vérifier aussi : le tarif réduit d'accise sur l'électricité dont bénéficient les centres de données (code des impositions sur les biens et services, art. L.312-70), c'est-à-dire l'avantage fiscal consenti par la collectivité.
Sources : dossier énergie PJ104 ; étude d'impact p. 278 ; ICI Provence, 16 sept. 2024 (MRS6 déplacé faute de capacité) ; La Quadrature du Net, janv. 2025 (77 MW existants, 107 MW planifiés).
Coûts reportés sur la collectivité
La Métropole exige une voirie publique traversante dans l'emprise pour son tramway, la Ville « soutient » un réseau de chaleur « en préparation » pour récupérer la chaleur fatale, l'ARS demande une surveillance des milieux, la MRAe des inventaires et des mesures de suivi que le dossier ne prévoit pas. Qui paie, et que reste-t-il de ces engagements si l'exploitant change de mains ? Les datacenters de Digital Realty au port ont déjà reçu 2,7 M€ de subventions publiques (Région Sud, ADEME) pour leur refroidissement par la Galerie de la mer.
Sources : avis Métropole du 31/03 et 15/04/2026 ; note non technique p. 7 ; avis ARS p. 9 ; MRAe p. 10 ; La Quadrature du Net, janv. 2025.
Questions au commissaire enquêteur et documents à demander
Une observation n'est pas seulement un avis : c'est aussi le moyen de faire verser au dossier ce qui y manque. Le commissaire enquêteur peut demander au pétitionnaire tout document utile et organiser la réponse aux questions du public ; les administrations (préfecture, DREAL, Ville, Métropole) doivent communiquer leurs documents administratifs (code des relations entre le public et l'administration, art. L.311-1) et l'information environnementale qu'elles détiennent (code de l'environnement, art. L.124-1). Reprenez les questions et demandes ci-dessous, une par une ou en bloc (point 18 du composeur).
Questions à poser
Procédure et information du public
Quand le mémoire en réponse à l'avis de la MRAe sera-t-il publié sur le registre, et la consultation sera-t-elle prolongée pour laisser au public le temps d'en prendre connaissance ?
Pourquoi aucune concertation préalable n'a-t-elle été organisée, alors que le programme du site a changé trois fois depuis 2023 (tri postal, studios, datacenter) ?
Les avis défavorables de la Métropole (tramway, 31 mars et 15 avril 2026 ; eaux pluviales, 2 février 2026) ont-ils reçu une réponse ? Le sursis à statuer demandé a-t-il été prononcé ? La Ville et la Métropole, absentes de la réunion du 3 septembre, rendront-elles leur avis par délibération avant la clôture du 24 novembre et seront-elles représentées à la réunion de clôture du 17 novembre ?
Le dossier prévoyait un arrêté en septembre 2026 et des travaux en octobre : ce calendrier est-il abandonné ?
Foncier et montage
À quel prix et à quelles conditions le lot Nord a-t-il été vendu le 31 mars 2025, puis modifié par avenant le 29 juillet 2025 ?
Pourquoi la promesse de vente signée en juin 2023 au profit de Provence Studios a-t-elle été exécutée au profit de la Foncière Saint-Louis, créée après cette promesse ?
Quelles sont la durée, le loyer, les conditions suspensives du bail à construction, et que deviennent les bâtiments à son terme ?
Le « soutien financier à la cité du cinéma » annoncé en réunion publique repose-t-il sur un engagement écrit : affectation du loyer, obligation de réaliser les studios, calendrier ? Qui perçoit les distributions de la Foncière, sachant que 45 % en sont réservés par actions de préférence ?
Les obligations de remise en état issues de l'arrêté du 11 janvier 2021 et de la procédure « tiers demandeur » ont-elles été transférées à la Foncière puis à ESL Properties, par quel acte ? Les comptes 2023 de BF3 provisionnent encore 5,36 M€ de dépollution restant à faire : qui porte aujourd'hui cette charge ?
Quels comptes certifiés, quelle garantie de la maison-mère et quelles garanties financières de remise en état appuient la demande ? Quelle entité s'engage, Edged Energy, Edged US, Endeavour ou Koch Real Estate Investments, qui écrit avoir créé Edged en 2024 ? Que devient cet engagement si la cession d'Edged étudiée depuis juillet 2026 aboutit, et que devient le site si la société de projet disparaît ?
Comment la Foncière Saint-Louis, société au capital de 3 000 € dont l'associé à 33 % est une SCI valorisée 165 000 € en 2022, a-t-elle financé l'acquisition du 31 mars 2025 : prêt bancaire et hypothèques, avances d'associés, paiement différé ou conditionné au bail du datacenter ?
Environnement et santé
La dépollution de 2021 a été dimensionnée pour des bureaux et entrepôts de plain-pied : une nouvelle analyse des risques a-t-elle été faite pour des cuves enterrées, des fondations profondes et des bassins d'infiltration ? Où est le suivi de la nappe de 2024 ?
Fluide R-1234ze : quel taux de fuite, quelle détection, quelles alternatives sans PFAS, quels datacenters retenus pour les effets cumulés ?
Groupes électrogènes : puissance unitaire réelle (8 164 ou 8 500 kW), nombre d'heures annuelles garanti, valeurs limites d'émission, HVO imposé, traitement des NOx ?
Bruit : quelles mesures garantissent la conformité dans tous les modes, et à quelles heures auront lieu les essais mensuels ?
Galerie de la mer et canalisations GRTgaz : quelles études, et l'emprise bâtie recoupe-t-elle la zone inconstructible pour effondrement ?
Biodiversité : inventaires sur un cycle complet, évaluation Natura 2000, dérogation « espèces protégées » nécessaire ?
Zonage : UEa2 ou UEb2 ? Quand et comment le plafond de façade est-il passé de 18 m à 30 m sur ce secteur ? Les neuf plateaux de la Cité du cinéma de Saint-Denis font de 14,4 à 16 m sous gril : à quel usage sert le vélum de 30 m, sinon au datacenter ?
Projet global : quand l'étude d'impact intégrera-t-elle l'EcoParc du lot Sud (permis d'aménager) et le plan de circulation du tramway ?
Énergie et économie
Quelle convention de raccordement pour 29,5 MW, quelle capacité restante pour les autres usages des quartiers nord, et quelle priorité en cas de délestage ? Quelle puissance appelée un jour de canicule à 38 °C, quand le refroidissement sec fonctionne à plein régime ?
Chaleur fatale : quel preneur, quel réseau, quel engagement daté ?
Emplois : 30 selon le dossier, 40 directs et 80 indirects selon la réunion publique ; lesquels, et pour quel avantage fiscal consenti par la collectivité ?
Quels clients occuperont les salles, et quelles clauses garantissent les engagements (voirie, chaleur, surveillance) en cas de revente ?
Secours électrique : pourquoi douze groupes au fioul ou HVO et 500 m³ de carburant enterrés, alors qu'Edged équipe son site jumeau de Getafe (20 MW) de 40 MWh de batteries et celui de Lisbonne de groupes au gaz naturel ? Quelles alternatives (batteries, gaz, réduction du stock, autonomie plus courte) ont été étudiées et chiffrées, et l'étude de dangers a-t-elle examiné les scénarios de dépotage des camions-citernes, comme l'exige l'instruction du projet espagnol de Navalmoral ?
La Métropole a voté le 26 juin 2025 des orientations qui limitent à 12 MW les datacenters en tissu urbain dense et en zone littorale nord, et renvoient les projets de plus de 25 MW vers des sites dédiés : ce projet de 20 MW, 29,5 MW raccordés, a-t-il été examiné par l'instance d'analyse qu'elles instituent et par la commission consultative créée par la Ville de Marseille le 20 octobre 2023, dont la grille prend pour références 100 % d'énergie renouvelable et 40 % de chaleur fatale récupérée ? À quel titre déroge-t-il au seuil, et la Métropole et la Ville rendront-elles un avis motivé au regard de leurs propres critères avant la clôture ?
Documents légitimes à demander et à faire verser au dossier
« Au dossier » signale ce que le public devrait trouver sur le registre ; « public ailleurs » renvoie à un document déjà accessible qu'il suffit de faire joindre ; « à demander » indique à qui s'adresser.
Document
Pourquoi
Où / à qui
Mémoire en réponse à l'avis MRAe
Obligatoire pendant la consultation (code de l'environnement, art. L.122-1) ; absent au 5 septembre.
Au dossier · pétitionnaire via le commissaire enquêteur
Avis de la DDTM 13 du 19 août 2026 et autres contributions de services recueillies par la DREAL au titre de l'examen du dossier
Un service de l'État y écrit que le bâtiment « apparaît non conforme aux dispositions du PLUi » et que le poste Enedis de La Calade ne serait pas livré avant le 3e trimestre 2030 (point 20) ; l'avis ne figurait pas au registre au 2 septembre.
Arrêté(s) « tiers demandeur », actes de transfert des obligations de remise en état et attestation de fin de travaux
Savoir qui porte aujourd'hui la responsabilité de la pollution résiduelle.
À demander · préfecture / DREAL (CADA)
Position de la Métropole et de la Ville au regard des orientations stratégiques datacenters du 26 juin 2025 et de la stratégie municipale du 20 octobre 2023 : comptes rendus de l'instance d'analyse des projets et de la commission consultative de la Ville, grille d'analyse appliquée au projet
Le seuil de 12 MW en tissu urbain dense a été voté cinq mois avant le dépôt de la demande (point 19).
À demander · Métropole (direction Innovation) et Ville de Marseille (CADA) · à verser au dossier
Comptes 2024 et 2025 de BF3 Marseille Saint-Louis et traité de cession du lot Nord (31 mars 2025, avenant du 29 juillet 2025)
Les comptes 2023 de BF3, déposés au greffe, inscrivent une provision pour dépollution de 5,36 M€ restant à faire ; savoir si cette obligation a suivi le lot Nord et à quel prix il a été cédé (détail).
Greffe de Paris (comptes) · pétitionnaire via le commissaire enquêteur (acte de cession)
État hypothécaire de la Foncière Saint-Louis : inscriptions, privilège de prêteur de deniers, hypothèques sur le lot Nord
Révèle comment une société au capital de 3 000 € a financé l'acquisition du 31 mars 2025.
À demander · service de la publicité foncière (demande de renseignements, formulaire 3233, payante)
Plan de gestion et analyse des risques résiduels de 2021
Dépollution calibrée pour un usage tertiaire de plain-pied.
Public ailleurs (dossier DREAL) · à verser
Rapport de suivi des eaux souterraines après travaux (2024), exigé par l'arrêté du 25 mars 2022
« Non communiqué » selon le rapport de base.
À demander · pétitionnaire / DREAL
Analyse des risques résiduels actualisée pour l'usage datacenter (cuves enterrées, fondations, infiltration)
Citée par l'attestation du maître d'œuvre mais non jointe (MRAe p. 18).
Au dossier · pétitionnaire
Acte de vente du 31 mars 2025 et avenant du 29 juillet 2025 ; bail à construction du 29 juillet 2025
Prix, durée, loyer, conditions suspensives, sort des constructions.
Publiés au fichier immobilier : copie au service de la publicité foncière (payante) ; le commissaire peut en demander les termes essentiels au pétitionnaire
Comptes certifiés d'Edged Energy, d'Edged US et d'Endeavour, organigramme juridique jusqu'à Koch Inc., lettre de garantie de la maison-mère avec clause de maintien en cas de changement de contrôle, proposition de garanties financières
PJ47 ne contient qu'un « pro forma » indicatif où la valeur des actifs vaut 12,5 fois le chiffre d'affaires ; la presse financière signale 2 Md$ de dette levés en 2026 et une cession d'Edged à l'étude depuis juillet 2026 (point 17).
Au dossier · pétitionnaire via le commissaire enquêteur
Convention ou proposition technique et financière de raccordement Enedis / RTE (29,5 MW), étude de capacité du réseau
Vérifier la réservation de puissance et ses effets sur les autres usages.
À demander · pétitionnaire ; Enedis / RTE
Fiches techniques des groupes électrogènes et hypothèses de la modélisation atmosphérique (heures, débits, puissance unitaire)
Chiffres incohérents entre pièces (points 6 et 7).
Au dossier · pétitionnaire
Taux de fuite retenu pour le R-1234ze, plan de détection, liste des datacenters retenus pour les effets cumulés
Demandé par la MRAe (p. 14).
Au dossier · pétitionnaire
Étude acoustique complète, engagements chiffrés par mode, planning des essais
Dépassements modélisés (point 5).
Au dossier · pétitionnaire
Études relatives à la Galerie de la mer (gestionnaire de l'ouvrage) et aux canalisations GRTgaz (effets sur l'installation)
Absentes de l'étude d'impact (MRAe p. 15).
À demander · Métropole / Ville / GRTgaz via le pétitionnaire
Inventaires naturalistes complémentaires, dossier Natura 2000, position de la DREAL sur une dérogation « espèces protégées »
MRAe p. 16-17.
Au dossier · pétitionnaire / DREAL
Permis d'aménager du lot Sud (EcoParc des Aygalades) et ses études de trafic et de bruit
La « partie sud » que l'étude d'impact ignore.
À demander · Ville de Marseille (CADA)
Étude de trafic actualisée intégrant le plan de circulation du tramway T3 (phase 2)
Demandée par la MRAe et la Métropole.
Au dossier · pétitionnaire ; Métropole
Justificatifs de la chaleur fatale : lettres d'intention, étude du réseau de chaleur Nord
Mesure d'évitement comptée sans preneur (point 13).
À demander · Ville / Métropole / pétitionnaire
Convention France 2030 des Studios de la Méditerranée (montant, conditions, calendrier)
Aide publique sur le même site, jamais officialisée.
À demander · CNC / État (CADA)
Pièces des modifications n°3 (2024) et n°4 (2025) du PLUi concernant le secteur : règlement graphique, « repérage » de hauteur, zonage
Passage de 18 m à 30 m ; UEa2 ou UEb2.
Public ailleurs (Métropole) · à verser
Avis de la Ville de Marseille sur la modification n°3 du PLUi, que la Métropole disait attendre sur la demande de hauteur de 18 à 30 m. Trois séances du conseil municipal à vérifier : 10 février 2023 (les 157 propositions de la Ville au stade de la concertation), 30 juin ou 7 juillet 2023 (avis de personne publique associée sur le projet notifié le 31 mai 2023, joint au dossier d'enquête) et 16 février 2024 (avis sur le projet « prêt à être approuvé », donc avec le vélum de 30 m, seule séance avant l'approbation du 18 avril 2024)
Position de la Ville sur le vélum de 30 m ajouté après enquête. L'avis de l'été 2023 figure normalement parmi les « avis des personnes publiques associées » du dossier d'enquête de la modification n°3 (registre numérique).
À demander · Ville de Marseille et Métropole (CADA) · appel aux contributeurs : si vous retrouvez l'une de ces délibérations ou l'avis, envoyez-le à contact@urgence-marseille.fr
OAP MRS-17 « Saint-Louis » du PLUi, version issue de la modification n°4 (6 octobre 2025)
Les orientations d'aménagement applicables au site (objectifs, pôles de vie, principes de composition, plan).
Compte rendu de la réunion publique du 3 septembre 2026 ; courriers de demande de compléments de la DREAL et réponse du 18 juin 2026
Traçabilité de l'instruction.
À demander · commissaire enquêteur / préfecture
Registre des incidents et fuites de fluides frigorigènes des datacenters marseillais existants
Base des effets cumulés demandés par la MRAe.
À demander · DREAL, inspection des installations classées (CADA)
Pour une demande de document administratif : courrier ou courriel à l'administration qui le détient, en citant l'article L.311-1 du code des relations entre le public et l'administration ; en cas de silence d'un mois, saisine de la Commission d'accès aux documents administratifs (cada.fr). Les informations relatives à l'environnement se demandent sur le fondement de l'article L.124-1 du code de l'environnement.
Lexique
ARS
Agence régionale de santé. Consultée par la DREAL, elle rend un avis sanitaire sur l'étude d'impact.
BREF / MTD
Documents de référence européens décrivant les meilleures techniques disponibles (MTD) que les sites IED doivent appliquer. Le BREF « grandes installations de combustion » exclut les unités de moins de 15 MW.
CODERST
Conseil départemental de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques, que le préfet peut consulter avant de décider.
DDAE
Dossier de demande d'autorisation environnementale (pièces PJ numérotées).
DDEP
Demande de dérogation à la protection des espèces protégées, obligatoire si le projet détruit des individus ou des habitats d'espèces protégées.
DREAL
Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement : inspection des installations classées, appui de la MRAe.
FOD / HVO
Fioul domestique / huile végétale hydrotraitée (biocarburant de substitution).
ICPE
Installation classée pour la protection de l'environnement, soumise selon sa rubrique à déclaration, enregistrement ou autorisation.
IED
Directive européenne sur les émissions industrielles : impose les MTD et un rapport de base sur l'état des sols.
MRAe
Mission régionale d'autorité environnementale. Son avis porte sur la qualité de l'étude d'impact et la prise en compte de l'environnement ; il n'est ni favorable ni défavorable.
NOx
Oxydes d'azote, polluants des moteurs diesel, irritants respiratoires et précurseurs d'ozone et de particules.
OAP
Orientation d'aménagement et de programmation du PLUi (ici l'OAP « Marseille Saint-Louis »).
PCVD
Permis de construire valant division : un seul permis pour plusieurs lots.
PFAS / TFA
Substances per- et polyfluoroalkylées (« polluants éternels ») ; l'acide trifluoroacétique (TFA) est l'un de leurs produits de dégradation, persistant dans l'eau.
PLUi
Plan local d'urbanisme intercommunal (territoire Marseille-Provence), avec ses zones UEa2 / UEb2 dédiées aux activités.
PPR
Plan de prévention des risques (ici retrait-gonflement des argiles, zone B3).
PUE
Power Usage Effectiveness : rapport entre l'énergie totale consommée et l'énergie utile des serveurs (1,15 annoncé, en moyenne annuelle).
Refroidissement sec
Dit « sans eau » : la chaleur des serveurs est rejetée à l'air par des groupes froids et des échangeurs de toiture, sans évaporation. Sobre en eau et efficace par temps doux, il consomme beaucoup plus d'électricité et fait plus de bruit en canicule, l'air chaud refroidissant mal.
Refroidissement évaporatif
Rejette la chaleur en évaporant de l'eau (tours aéroréfrigérantes, échangeurs adiabatiques) : plus sobre en électricité l'été, mais gourmand en eau, avec traitement chimique et risque de légionelles. Les serveurs fonctionnent de la même façon dans les deux cas.
SCR
Réduction catalytique sélective : traitement des NOx à l'échappement, ici absent.
VNEI
Volet naturel de l'étude d'impact (inventaires faune-flore).
ZER
Zone à émergence réglementée : habitations où l'augmentation du bruit due à l'installation est limitée (5 dB(A) le jour, 3 dB(A) la nuit).